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Messi, oui! Christ et Seigneur

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Messi, oui! Christ et Seigneur

      L’ensemble des écrits du Nouveau Testament se révèle alors comme une inépuisable litanie émerveillée qui naît de la contemplation des premières communautés chrétiennes : ainsi Luc qui est si sensible aux récits de l’enfance de Jésus nous donne à méditer le début de la grande aventure : « Sois sans crainte Marie… Tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père… et son règne n’aura pas de fin » (Luc 1, 31-33).

Inlassablement, les apôtres ont relu les ecritures à partir de la vie de Jésus et la vie de Jésus à partir des Écritures ; peu à peu la grande trajectoire du projet de Dieu se dessinait sous leurs yeux. Alors, ils ont découvert que leur maître comblait toutes les attentes de l’Ancien Testament, qu’il était bien le roi, le prêtre et le prophète annoncés, bien au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer.

Le Christ Roi

Roi, il l’était donc bien ; jusque dans sa passion, à vrai dire : Jean, par exemple, nous relate l’interrogatoire devant Pilate comme un moment privilégié : là nous allons découvrir que Jésus est vraiment roi, mais pas du tout comme nous l’imaginons. Le dialogue nous, ses apôtres, nous sommes ici désormais, sur une autre montagne.

Et ce qui s’est passé à la synagogue de Nazareth, n’est-ce pas clair ? Ce jour-là, c’était un matin de sabbat, le samedi matin ; tous les hommes du village, comme il se doit, étaient à la synagogue ; Jésus s’est présenté pour faire la lecture, jusque-là rien d’extraordinaire ; mais voilà qu’il s’est mis à lire le texte du jour, c’était un passage d’Isaïe qui parlait du Messie ; et Isaïe annonçait que ce serait un prophète ; Jésus a lu le texte, puis tranquillement, il a dit à la stupéfaction générale : « Eh bien, nous y sommes, cette promesse du prophète est en train de s’accomplir » (Luc 4,21). Ce jour-là, autant le dire, les choses ont mal tourné, mais après sa Résurrection, les apôtres ont compris qu’il disait vrai.

Ils prennent soin de noter que Jésus a accompli les mêmes gestes que les prophètes : il a multiplié les pains et guéri des lépreux, comme l’avait fait Élisée ; il a ressuscité des morts, comme Élie et Élisée ; et d’ailleurs, après la résurrection du fils unique d’une veuve, les gens de la ville de Naïm se sont écriés : « Un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple » (Luc 7,16). Et l’auteur de la lettre aux Hébreux résume bien le sentiment général des premiers chrétiens quand il écrit : « Souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées ; mais dans les derniers temps, dans les jours où nous sommes, il nous a parlé par ce Fils » (Hébreux 1, 1). Et Jean va encore plus loin ; on sait que les prophètes étaient aux yeux du peuple comme « la bouche de Dieu » ; Jean, lui, nous dit : il est « la Parole de Dieu ».

Le Christ Prêtre

Il y avait aussi toute une partie du peuple juif qui attendait un Messie-prêtre ; or, incontestablement, Jésus ne l’a jamais été. Car, selon la loi juive, Jésus ne pouvait pas prétendre devenir prêtre et encore moins grand prêtre ; il n’avait aucune chance d’y parvenir ; pourquoi ? D’abord, parce que, là-bas, contrairement à ce qui se passe dans l’Église catholique, le sacerdoce était héréditaire : on était prêtre de père en fils ; et pour cela, il fallait appartenir à la tribu de Lévi, d’où le nom de lévites ; Moïse était de cette tribu de Lévi ; et, parmi les lévites*, il y avait une famille qui était mise à part, c’était la famille d’Aaron (le frère de Moïse) ; c’est parmi les descendants d’Aaron que se recrutaient les grands prêtres. Or on nous a bien dit que Jésus descendait de David ; les évangiles ont insisté là-dessus ; et ils n’ont pas manqué de nous rapporter toutes les occasions où Jésus a été appelé « Fils de David » !

Lequel David lui-même faisait partie de la tribu de Juda et non pas de Lévi ; l’affaire était donc définitivement réglée pour Jésus de Nazareth, descendant de David.

Les premiers chrétiens d’origine juive devaient donc sans cesse répondre à cette objection : « Votre Jésus n’est pas le Messie : celui-ci sera prêtre et Jésus ne l’est pas. » C’est à l’intention de ces chrétiens que la Lettre aux Hébreux élabore toute une argumentation pour prouver qu’il est vraiment grand prêtre. L’auteur ne cache pas la difficulté ; il affirme : « Il est notoire que notre Seigneur est issu de Juda, d’une tribu dont Moïse n’a rien dit dans ses textes sur les prêtres » (Hébreux 7, 14).

Mais qu’à cela ne tienne, pense-t-il : Jésus n’est pas grand prêtre descendant d’Aaron, soit ; mais il peut l’être autrement ; après tout, ne nous a-t-on pas parlé jadis d’un certain Melchisédech ? Il vivait au temps d’Abraham, bien avant Jacob et ses fils, et bien avant Lévi, par conséquent (puisque Lévi est l’un des fils de Jacob) ; Melchisédech ne risquait pas d’être un descendant de lévite, et pourtant la Bible le nomme « prêtre du Dieu Très-Haut » (Genèse 14). .

 

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