L’art du califat abbasside

> > L’art du califat abbasside ; écrit le: 17 mai 2012 par Samouha modifié le 11 octobre 2018

Avec le changement de dynastie et le transfert du siège du califat de Bagdad, une étape nouvelle commence pour l’art musulman. Un art impérial s’épanouit dans les nouvelles villes de Bagdad, Samarra et Al Fustat, avec une floraison de palais et d’édifices religieux. Bagdad n’est malheureusement pour nous qu’une « ville du souvenir ». Les crues du Tigre et les émeutes politiques, en particulier le sac de la ville par les Mongols en 1258, ont eu raison des monuments de la ville, construits, il faut le rappeler, en matériau très tendre : la brique crue. À Samarra, qui fut capitale de 838 à 892, les fouilles allemandes du début de notre siècle ont fait resurgir le plan des principaux édifices et des portions d’architecture, mais toutes les merveilles de la décoration intérieure nous échappent. À Raqqa aussi, résidence créée par Al Mansur en haute Mésopotamie (en 758) et qui fut utilisée comme résidence d’été par Harun al Rashid, on a retrouvé les vestiges d’une ville semi-circulaire.

L’art abbasside emprunta plusieurs éléments à l’art sassanide : emploi de la brique crue ou cuite, 1 ’iwan, sorte de grand hall voûté s’ouvrant sur l’extérieur par l’absence d’un mur de façade, la coupole sur trompe, l’arc brisé outrepassé, la stalactite…

Samarra

Cette nouvelle capitale fut donc construite, comme nous l’avons vu, par Al Mutasim à cent treize kilomètres au nord de Bagdad, sur les rives du Tigre. Cette ville énorme et éphémère s’étirait sur trente-cinq kilomètres du nord au sud et sur environ deux kilomèti en largeur. On peut y distinguer trois parties :

—        Au centre, le palais principal Djawsaq al Khaqz avec la Grande Mosquée et deux grands hippodrom Le palais Djawsaq al Khaqani, édifié par Al Mutasi couvre cent soixante-quinze hectares. Le palais p sente une série de cours plus ou moins grandes autour desquelles s’organisent les pièces. La salle du trône t formée de quatre pièces s’ordonnant autour d’u pièce centrale à coupole. On retrouve toujours Samarra ce plan cruciforme autour de la coupole ce traie. À la périphérie de la résidence califale, s’ordonnaient le harem, les casernes, les celliers, l’arsenal, trésor, des mosquées, des portiques, des pièces d’eau des terrains de polo, un immense parc à gibier et d esplanades sous lesquelles se trouvaient des piège souterraines pour y vivre pendant la chaleur estivale.

La Grande Mosquée

 La Grande Mosquée, la plus vaste et la plus monurmtaie du monde, se présente de l’extérieur sous l’aspect d’une forteresse rectangulaire de deux cent quatre mètres sur cent soixante mètres, avec un mur épais plus de deux mètres et flanqué à intervalles régulic de tours semi-circulaires sur les côtés et rondes a quatre coins. La salle de prières se compose de vin cinq nefs portées par de gros piliers de brique. Cette Grande Mosquée est surtout connue par son minaret en spirale, la fameuse malwiya située à vingt mètre en dehors de la porte d’entrée dans l’axe du mihrab. Il est haut de cinquante mètres et une rampe hélicoïdale permet d’atteindre le sommet décoré de niches aveugles. Ce type de minaret est vraisemblablement inspiré des « ziggourats » mésopotamiennes.

  • Au nord, s’étend le quartier d’Al Djafariya, construit par Al Muttawakkil, le grand bâtisseur Samarra, à qui on prête dix-huit palais. Il édifia mosquée d’Abu Dolaf, qui imite sur une petite échelle la Grande Mosquée. Elle est construite aussi en brique avec un parement de briques cuites.
  • Au sud, se trouve le palais de Balkouwara, le mie conservé de Samarra, construit par Al Muttawak’ pour son fils Al Mutazz.

Sur la rive opposée, s’élevaient le château Al As1 120 (« de l’amoureux »), le qasr al Arous (« le château de fiancée ») et une mosquée, le qoubbet es soulaibiyya, construite pour Al Muntasir par sa mère, une chrétienne. Rappelant le Dôme du Rocher, il se présente sous la forme de deux octogones délimitant un passage pour le rite de la circumambulation.

La décoration des édifices de Samarra comporte une multitude de niches polylobées, utilise le stuc et la mosaïque, et offre aussi dans le harem des peintures représentant des danseuses, des Turcs et des animaux. L’art de Samarra devait avoir des répercussions sur l’art des autres régions.

La mosquée d’Ibn Tulun au Caire

Elle a été édifiée entre 876 et 879. Elle s’inspire de Samarra par plusieurs aspects : l’utilisation de la brique cuite enduite de stucs, les lourds piliers de brique | flanqués de quatre colonnes et le minaret qui, de carré à la base, devient rond avec un escalier en spirale.

C’est un édifice rectangulaire (cent quarante mètres sur cent vingt-deux mètres), avec une cour carrée (quatre-vingt-douze mètres de côté) entourée par un portique à deux travées constitué d’arcs outrepassés. La décoration est composée de niches, de médaillons et d’une frise de rosaces qui court autour de l’édifice, tandis que les murs sont couronnés d’un crénelage très décoratif. La salle de prières est formée de cinq nefs parallèles au mur de la qibla.

Vidéo : L’art du califat abbasside

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