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Les fêtes hindouistes

Vous êtes ici : » » Les fêtes hindouistes ; écrit le: 23 janvier 2012 par mariouma modifié le 24 novembre 2014

Les fêtes hindouistes sont si nombreuses qu’elles échappent à toute énumération. La part qu’y tient la religion est variable mais quelques indications sur les fêtes les plus connues permettront de mieux cerner la personnalité religieuse de l’hindouisme. Nous présenterons plus en détail trois d’entre elles ; Dashehra, Holi et Dipavali.

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La fête la plus importante de l’Inde se nomme Dashehra. Elle tombe vers octobre-novembre et dure 10 jours2. C’est la célébration de la victoire
du bien sur le mal. Elle est aussi connue sous le nom de Nava Ratri (littéralement : « neuf nuits ») et de Durga Puja (fête de Durga, autre nom de Parvati, épouse de Shiva). La dernière nuit s’appelle Ram Lila, le « jeu de Rama ».
La forme que revêt cette fête varie selon les folklores locaux.
-Au Bengale, Durga est très populaire ; on l’adore sous le nom de Kali la noire, déesse de la guerre. A Calcutta en particulier, où chaque maison possède une statuette de Kali richement ornée, on construit dans chaque quartier de la ville une grande statue de la déesse qu’on couvre de guirlandes et qu’on plonge dans la rivière le dernier jour. Le fleuve étant symbole de sainteté, c’est là un honneur suprême qu’on lui rend. Si Durga est vénérée dans l’Inde entière pour avoir tué le démon-buffle Mahisha- sura dans le Nord de l’Inde la lutte du bien contre le mal est symbolisée par la victoire de Rama sur le méchant roi de Lanka, Ravana.



Cet épisode du Ramayana où Ravana enlève l’épouse de Rama, Sita, et se fait tuer par le héros, est, en fait, l’interprétation d’un événement historique ; l’invasion de l’île de Ceylan par les Aryens aux dépens des Tamouls2, il y a peut-être 3 000 ans. Les cicatrices ne sont pas encore fermées comme on le constate au vu des graves troubles qui opposent les Cinghalais et les Tamouls.
–    Dans les pays dravidiens, par exemple à Madras, les festivités des neuf nuits se partagent équitablement : trois en l’honneur de Lakshmi, épouse de Vishnou, trois pour Shakti, autre nom de Durga, épouse de Shiva et trois pour Saraswati, déesse de la connaissance, épouse de Brahma.

Holi

C’est la fête du printemps et le dernier jour de l’année indienne. Elle se situe en février-mars. Comme toujours, elle est associée à des légendes mythologiques, variables selon les régions. Dans la ville sainte de Mathura, lieu de naissance de Krishna, Holi est l’occasion de célébrer l’enfance de ce dieu et des jeux qu’il pratiquait. C’est pourquoi les gens s’aspergent abondamment d’eau colorée. Selon d’autres traditions, un prince adorait le dieu Vishnou, ce que ne pouvait supporter sa tante Holika. Celle-ci se croyait invulnérable au feu : elle entraîna son neveu dans un brasier mais, sur l’intervention de Vishnou, ce fut elle qui périt. La fête tire son nom de cette femme démoniaque.

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Cette fête, la plus joyeuse de l’Inde, est célébrée à la pleine lune du mois de katika, en octobre-novembre. On y honore Lakshmi, déesse de l’abondance et de la prospérité, épouse de Vishnou. C’est aussi la fête de la lumière ‘. On blanchit les maisons à la chaux, on l’illumine de guirlandes d’ampoules électriques et, le soir, on fait éclater des pétards pour écarter les démons. On profite de la fête pour s’habiller de neuf, échanger des vœux, tenter sa chance au jeu et offrir table ouverte à ses amis.

Au Bengale, Lakshmi est remplacée par Kali, épouse de Shiva, dont les statues sont, comme à la fête de Dashehra, mises à la rivière en apothéose des réjouissances.
Certaines fêtes religieuses hindouistes célébrées hors de l’Inde ont un grand retentissement :
–    En Malaisie, la fête de Thaïpusam, vers la fin-janvier, rassemble des centaines de milliers de fidèles et de curieux dans des grottes sacrées au flanc d’une montagne, près de Kuala Lumpur. La fête est dédiée à Murugan, fils de Shiva. Après s’être purifiés dans un ruisseau situé en contre-bas, les fidèles escaladent en formant des vœux les 287 marches de l’escalier qui mène aux grottes.

Les plus dévots font pénitence en portant une sorte d’autel très décoré, appelé kavadi, fixé sur le corps par un assemblage de crochets qui transpercent la peau. D’autres s’accrochent dans le dos des hameçons auxquels pendent des oranges et des citrons verts.
-Au Sri Lanka, deux fêtes spectaculaires réunissent non seulement les hindouistes mais aussi les bouddhistes et des musulmans.
La fête à grand spectacle de YEsala Perahera à Kandy est un hommage rendu à Bouddha par les divinités de quatre temples hindouistes de la ville. Des cortèges hauts en couleur aux éléphants somptueusement caparaçonnés convergent vers le temple de Dalada Maligawa où est conservée la relique de la dent de Bouddha. Cette fête, fixée à la pleine lune de la fin-juillet, dure une dizaine de jours.
Une autre manifestation impressionnante a lieu un mois avant la précédente à Kataragama. On y célèbre le dieu de la guerre Skanda2, fils de Shiva et de Parvati. Les hindouistes y montrent une ferveur extraordinaire et beaucoup d’entre eux se soumettent à de véritables tortures, dont apparemment ils ne souffrent pas, pour honorer leur dieu : certains se
font porter comme du bétail, pendus sous une perche par des crochets qui les transpercent. Les lames d’épée passées au travers des joues ou de la peau du ventre sont spectacle courant. Simultanément, les bouddhistes viennent prier sur le même site au temple de Kiri Vehera, le « monastère du lait ». Une mosquée reçoit également ses fidèles.
Il est intéressant de noter le caractère intercommunautaire de ces fêtes religieuses dans un pays où les problèmes politicoethniques sont encore très aigus.
-A Bali, l’île de l’Indonésie restée hindouiste, le nouvel an du calendrier lunaire hindou, appelé localement Nyepi, est célébré par la cessation de toute activité. Depuis l’aube jusqu’au lendemain matin, il est interdit de circuler à pied ou en voiture, de manger, de boire, de fumer ou même d’allumer la lumière. C’est une période de purification spirituelle qui libère des mauvais esprits et oriente l’âme vers Dieu. Par exception, les hôtels de grand luxe ont l’autorisation de nourrir leurs clients et de les laisser se baigner dans la piscine, mais les lumières ne doivent pas être vues de l’extérieur. Les agences recommandent vivement aux touristes d’éviter cette austère journée.

Vidéo: Les fêtes hindouistes

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