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L’hindouisme : Le statut de la femme

Vous êtes ici : » » L’hindouisme : Le statut de la femme ; écrit le: 20 avril 2012 par chiraz modifié le 24 novembre 2014

téléchargement (8)Formellement les femmes indiennes sont privilégiées : elles ont eu le droit de vote avant les Françaises, l’Inde a été la première nation moderne à être gouvernée par une femme, bien des femmes y jouent un rôle politique important, elles sont de plus en plus nombreuses à exercer un métier ou une profession… et aussi à militer pour l’émancipation de la femme.

Marc Boulet est moins optimiste. Il cite les célèbres lois de Manu qui datent de deux mille ans et régissent la société hindoue. Elles stipulent : « Dieu attribua à la femme la colère, la malhonnêteté, la malice et l’immortalité… De la naissance à la mort, elle dépend d’un homme : tout d’abord de son père, puis de son mari et, après le décès de celui-ci, de son fils… Elle n’a pas le droit de posséder des biens. » Il ajoute qu’elle n’hérite toujours pas, qu’elle s’assied à terre s’il n’y a qu’un fauteuil, qu’elle mange après les hommes, qu’elle est cloîtrée à la maison, qu’elle ne peut donc ni travailler, ni faire les courses, qu’elle est frappée, qu’elle est tenue de vénérer son mari, que son mariage a d’ailleurs été arrangé et que si elle ne s’immole plus sur le bûcher de son mari, c’est grâce aux Britanniques !



Il demande un jour à son professeur si sa belle-sœur n’éprouve pas quelquefois le besoin de sortir de chez elle. Le dialogue est succulent :

«  Non, répond l’Indien, Pour quoi faire ?… Elle a tout chez elle. Le matin, elle fait une liste de courses et, le soir, son mari les lui rapporte en rentrant du travail… Toi, ça t’inquiète pas de laisser ta femme sortir seule au marché ?

 Pourquoi ?

 Elle peut rentrer trois heures plus tard. Elle peut aller au cinéma. Elle peut rencontrer d’autres hommes.

 Et la confiance ?

On sait jamais… Pourquoi laisses-tu ta femme boire et fumer ?

Comment lui interdire ce que je m’autorise ?

 D’accord. Mais en Inde les femmes n’aiment ni fumer ni boire. C’est mieux. »

Seules les femmes intouchables échappent à cette dure loi, leur statut est nettement supérieur, elles peuvent sortir, boire et fumer. Il est vrai que les intouchables ne sont pas des êtres humains, ils sont nés de l’accouplement d’une brahmane avec un travailleur manuel, et sont rangés au rang des animaux. C’est sans doute cela qui vaut à la femme intouchable de pouvoir se promener comme les chiens dans la rue…

Les mauvais traitements vont loin. Chaque jour la presse locale annonce le meurtre d’une jeune épouse par sa belle-famille, ajoute Marc Boulet. Dans ces cas-là, elle est aspergée de pétrole et brûlée vive parce qu’elle n’a pas apporté une dot satisfaisante. Entre 1975 et 1978, on a dénombré 5200 assassinats de ce type !

D’une manière générale, les chiffres ont montré que les filles connaissaient beaucoup plus de problèmes à la naissance ; auparavant, l’infanticide n’était pas rare, mais maintenant que l’échographie permet de les déceler avant l’accouchement, le problème est quelques fois réglé par l’avortement. Les statistiques indiquent aussi que les fillettes sont moins bien nourries, moins soignées et moins scolarisées : en 1981, à la campagne, les groupes scolaires de douze ans comptent deux fois moins de filles que de garçons et d’une manière générale, il n’y a en Inde que 929 femmes pour 1000 hommes.

A l’occasion de l’étude des structures familiales et de leur impact sur la croissance, il avait été conclu que, grosso modo, l’autorité et l’égalité des sexes étaient les deux piliers du développement. L’Inde fait partie, avec les pays musulmans, des décollages difficiles. (Selon certaines sources, la réclusion et la non-éducation des femmes seraient d’ailleurs un apport de l’islam.) Elle présente aussi une croissance démographique difficile à juguler, ce qui n’étonne pas quand on sait qu’un statut de la femme comparable à celui de l’homme est un facteur essentiel pour le contrôle des naissances, après le progrès économique et avant l’accès aux méthodes contraceptives et la baisse de la mortalité infantile. L’Inde, avec plus de deux pour cent annuels d’augmentation de sa population, est indifférent au planning fami­lial ; l’individu se sent totalement dépassé par l’univers et n’oserait aller à l’encontre de ses lois ! De plus, un grand nombre de naissances, surtout s’il s’agit de garçons, est une bénédiction ! En conséquence, l’Inde d’aujourd’hui compte près de un milliard d’habitants, soit près d’un quart de la population du globe !

Vidéo : L’hindouisme : Le statut de la femme

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