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La civilisation islamique : L’Empire mogol de l’Inde

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Nous avons déjà évoqué la conquête du Pendjab par Mahmud de Ghazna et celle de la plaine du Gange par Mohammed de Ghur (1163-1206). Toutefois, ces conquêtes marquèrent peu l’Inde parce que les conquérants aux effectifs trop restreints ne purent empêcher le morcellement des États. Le sultanat de Delhi dura trois siècles (de 1206 à 1526), mais connut cinq dynasties, ce qui explique que la vieille Delhi juxtapose sept villes différentes.

La naissance de l’Empire mogol

Le sultanat de Delhi était en crise lorsque arriva au début du XVIesiècle le conquérant Baber (mort en 1530), descendant par son père de Gengis Khan et par sa mère de Tamerlan. Héritier du royaume de Samarkande, il avait conquis l’Afghanistan et le Pendjab avant de renverser le sultanat de Delhi. Il fonda une dynastie qui devait durer jusqu’à la déposition du dernier Mogol par les Anglais en 1858. Il gouverna son empire en souverain absolu, grâce à une armée composée de Turcs et d’Afghans qui exploitèrent durement les paysans indiens.

Le règne d’Akbar (1556-1605)

Akbar hérita à treize ans d’un empire qui se trouvait dans une situation désastreuse. Il prit lui-même les rênes du pouvoir à vingt ans et se montra un grand conquérant, ajoutant le Bengale, le Cachemire, l’Orissa et le Belouchistan à son empire, qui couvrit ainsi tout le Nord de l’Inde. Il ne réussit pas à s’enfoncer dans la péninsule du Dekkan.

L’État mogol reposait sur l’armée dont les chefs recevaient des fiefs viagers, très hiérarchisés, avec lesquels ils devaient pourvoir à l’entretien d’un certain nombre de soldats. Akbar essaya de remédier à la misère paysanne en supprimant les impôts personnels qui différenciaient les hindous des musulmans. Un cadastre fut dressé, les terres divisées en trois catégories et il fut décidé que les impôts ne devaient pas dépasser le tiers de la récolte brute.

Akbar, musulman sunnite au départ, se montra très curieux pour les croyances hindoues et la religion chrétienne. Il construisit dans sa capitale, Fathpur Sikri, à une vingtaine de kilomètres d’Agra, une « Maison de la Religion » où il invitait les représentants de toutes les religions à confronter leurs opinions. Il se fit proclamer en 1579 « arbitre de la foi » et infaillible, ce qui déclencha une révolte de musulmans sunnites contre lui. Puis il s’éloigna de l’islam et fonda une nouvelle religion syncrétiste dans laquelle il se faisait vénérer comme représentant de Dieu. Il ne fut pas suivi, et il ne resta rien de son œuvre religieuse.

Le déclin

Ses successeurs, revenus à l’islam sunnite, sont des souverains faibles. Des problèmes de succession se 198 posent à la mort de chaque souverain : Jahanguir(« Conquérant du monde », 1605-1627), Kourram Shah Jahan (« Roi du monde », 1628-1658), Aurengzeb (1659-1707). Ces règnes sont marqués par l’intolérance religieuse et de nombreuses révoltes hindoues. L’agriculture indienne stagna. Les paysans résignés et écrasés par une lourde fiscalité étaient souvent victimes de famines dévastatrices (1556, 1630-1632). Un artisanat prospère et raffiné produisait de magnifiques pièces de tissus de coton et de soie. On fabriquait aussi des canons et des armes.

L’art mogol

Les souverains mogols, disposant d’immenses richesses, jouèrent aux mécènes et laissèrent d’admirables monuments, essentiellement des mosquées, des mausolées et des palais forteresses dans leurs capitales : Agra, Lahore ou Fathpur Sikri.

Le plus célèbre des mausolées est le Taj Mahal d’Agra, construit de 1640 à 1648 à la demande de Shah Jahan par les artistes de tous les pays, en l’honneur de son épouse favorite Muntaz Mahal. Le monument, situé dans un carré encadré par quatre minarets, est un édifice octogonal surmonté d’une grande coupole bul­beuse. Chaque façade est creusée en son centre d’un vaste iwan entouré d’iwans superposés plus petits. Chaque angle est surmonté d’un petit kiosque à coupole. Tout est en marbre blanc et le décor intérieur en marbre ciselé, incrusté de pierres précieuses, est d’une richesse inouïe. Ce monument atteint la perfection. Les monuments religieux construits par Shah Jahan à Agra ou à Delhi présentent les mêmes caractéristiques. Les palais d’Agra ou de Delhi ont, vus de l’extérieur, un aspect de forteresse avec leurs créneaux, mais ils déploient, à l’intérieur, des salles et des pavillons somptueusement décorés. Chaque palais est accompagné de jardins parcourus de canaux et parsemés de bassins et de pavillons de repos. Chaque capitale est dotée de sa Grande Mosquée du Vendredi.

La peinture mogols est justement célèbre. Les enluminures inspirées d’abord par la Perse subirent ensuite les influences occidentales et indiennes.

Les Mogols étaient de langue et de civilisation persanes, mais ils furent de plus en plus séduits par la civilisation indienne et s’en imprégnèrent.

 

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