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La fin d’une secte: Bhagwan

Vous êtes ici : » » La fin d’une secte: Bhagwan ; écrit le: 18 janvier 2012 par mariouma

La fin d'une secte: BhagwanDes sectes nouvelles apparaissent chaque année. Souvent elles s’étiolent dans l’indifférence, par lassitude des quelques adeptes d’origine ou par disparition du fondateur.
Exceptionnellement, la disparition est brutale et dramatique. Chacun se souvient de la secte du Temple du peuple qui avait établi son centre dans un village perdu de la forêt de Guyana. Son fondateur, Jim Jones, gravement malade, persuada ses fidèles, en majorité Nord-Américains, de se suicider collectivement. Le résultat fut un massacre de 912 pauvres gens, hommes, femmes et enfants.
La fin de la « Fondation internationale bhagwan » relève davantage du burlesque. Mais commençons par le commencement.
Un Indien, Rajneesh Chandra Mohan, né en 1931, enseigne la philosophie à l’université de Jabalpour. Ce travail routinier l’ennuie. En 1966, il se met à prêcher à Bombay, se fondant sur des illuminations qu’il aurait eues à l’âge de 21 ans. Il devient le gourou d’une doctrine composite dans laquelle il occupe la place enviable de réincarnation de Bouddha. Sa personne doit être objet d’adoration ; sa philosophie épicurienne prône la vie, l’amour et le rire (les trois « L » : life, love et laughter).

En particulier, il recommande une grande liberté sexuelle, excluant toute fidélité ou pudeur. Ses pratiques personnelles dans ce domaine lui valent quelques ennuis. Il déménage de Bombay à Poona en 1974 et y prospère au point d’essaimer en Occident. On compte chaque année près de 20 000 convertis, dits « sannyas », qui portent des tuniques grenat ou orange, couleurs du soleil levant.
Les autorités de Poona le trouvent encombrant, privent son organisation du statut d’association et lui réclament un arriéré considérable d’impôts. Il quitte l’Inde en 1981 avec une quinzaine de proches et six millions de dollars, laissant les autres disciples sur place sans guide spirituel.
Il s’installe aux Etats-Unis où une milliardaire un peu dérangée lui fait cadeau d’une propriété de 25 000 ha dans l’Orégon, sur le territoire du village d’Antelope.
Ses fidèles se multiplient à nouveau : ils créent des routes, plantent des arbres, installent une piscine chauffée pour que le gourou apprenne à nager. La secrétaire privée et compagne du maître, Ma Anand Sheela, de 18 ans plus jeune que lui, dirige admirablement l’ensemble d’entreprises qui se constitue à force de travail bénévole : hôtel, chaîne de restaurants végétariens et de discothèques, maison d’édition, jusqu’à des usines de produits chimiques et une compagnie aérienne, avec des filiales en Allemagne fédérale et aux Pays-Bas. On atteint 6 000 disciples permanents et  poids économique de plus de 100 millions de dollars. Le gourou dispose personnellement de 92 Rolls-Royce.
Entre temps, Antelope est absorbé par l’organisation. Ses 40 habitants ne peuvent plus être représentés au conseil municipal, le village est rebaptisé Rajneeshpuram et on y légalise le nudisme dans les jardins publics. On dit que le mouvement compte plusieurs centaines de milliers de sympathisants dans le monde.
Et puis soudainement, la collaboratrice bien-aimée du Bouddha réincarné, lassée des caprices enfantins du gourou, s’enfuit avec une vingtaine de disciples après avoir assuré ses moyens de subsistance.
Le maître, effondré, liquide son empire et son mouvement. Les disciples sont renvoyés et laissés à la contemplation de leur naïveté. Pourtant, 90 % d’entre eux ont fait des études secondaires et 37 % ont un diplôme universitaire !



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