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Le Bouddha du futur , Maitreya

Vous êtes ici : » » Le Bouddha du futur , Maitreya ; écrit le: 1 février 2012 par Hela modifié le 13 février 2015

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Selon la tradition bouddhique, 1ère de la Loi bouddhique se divise en trois stages : une première période de cinq cents ans, de mise en branle de la roue de la Loi, une seconde période de mille ans, de détérioration de la Loi (appelée Mappô au Japon) ; enfin une troisième période de trois mille ans après laquelle, le bouddhisme ayant disparu, un nouveau Bouddha apparaîtra qui remettra en branle la roue de la Loi. Ce futur Bouddha est encore dans le ciel Tushita, à l’état de Boddhisattva. Ce serait le Bouddha Gautama qui l’aurait Lui-même intronisé comme Son successeur. Il est « le Bienveillant » et vit présentement sa dernière existence de Boddhisattva. Anticipant sur sa prochaine venue, on le considère parfois comme un Bouddha et on lui donne le titre de Tathâgata.



Les représentations de Maitreya

C’est le seul Boddhisattva qui soit reconnu par les sectes du Petit Véhicule, qui le représentèrent dès les origines. Ses images apparaissent au Gandhâra, peut-être même avant celles du Bouddha (avec lequel il fut peut-être même confondu) : on le représente debout ou assis, en Bouddha paré, avec de longs cheveux épars sur les épaules ou réunis en chignon sur la tête, les mains en Dharmachakra-mudrâ lorsqu’il est assis, ou en Vitarka-Varada-mudrâ lorsqu’il est représenté debout. Au Tibet, lorsqu’il est représenté assis, il a les jambes pendantes (à l’européenne) et est vêtu comme un Bouddha. C’est la forme qu’il assume à Java dans le Chandi Mendut (VIII siècle). Ses représentations sont extrêmement nombreuses dans toute l’Asie bouddhique. Il est cependant plus souvent représenté en Bodhi- sattva, debout et paré de bijoux (mains en Vitarka-Varada-mudrâ), qu’assis. Sur certaines images le représentant dans le ciel Tushita, il apparaît parfois assis avec les jambes en Padmâsana. On le reconnaît à ce qu’il porte un petit stûpa dans sa coiffure. Ses attributs peuvent varier, et il peut tenir un vase ou une roue (chakra) posés sur des fleurs de lotus. Une écharpe lui ceint toujours les reins. Parfois une peau d’antilope lui couvre l’épaule gauche. Il forme souvent une triade avec Gautama et Avalokiteshvara.

En Corée et au Japon, où son culte fut très en faveur à partir du VI  siècle, il est souvent confondu (de même qu’en Chine) avec Ami- tâbha et Shâkyamuni. En sculpture, il fut parfois confondu au Japon avec Nyoirin Kannon, une forme d’Avalokiteshvara. On lui donne aussi, dans ce pays, le nom de Jishi Bosatsu, « Celui qui est plein de pitié ». Il fut tout d’abord assimilé au Kami Hachiman, déification de l’em­pereur japonais Ojin (III siècle), puis fut plus tardivement considéré comme une incarnation d’Amitâbha, servant d’intermédiaire entre Gau­tama (le monde des mortels) et Amitâbha (le monde de l’au-delà). Le culte de Maitreya est attesté au Japon dès le VII siècle dans la secte Hossô. En 612, le temple du Taima-deralui aurait été consacré. Bien eue sa tradition demeurât pratiquement ininterrompue au Japon et que h secte Shingon ait attaché une grande importance au culte de Miroku Bosatsu, celui-ci, malgré les efforts de la secte Shingon et des sectes  Nara, subit une éclipse due à la faveur grandissante dont jouissait Anida. On constate cependant un certain renouveau de son culte aux Xir et XIIIe siècles. Dans le Garbhadhâtu Mandala, Maitreya, sous la rom japonais de Jishi Bosatsu, se trouve placé au nord-ouest de Ma- üvairochana où il représenterait le « trésor des êtres qui profitent inépuisablement », Maitreya étant « la racine, le bourgeon, la tige, les feuilles qui naissent dans le Gharba (la matrice) de la graine du pur coeur de Bodhi (esprit de l’Eveil) ». Dans le mandala réalisé graphiquement, Jishi Bosatsu se trouve placé au nord-est de Vairochana, représentant alors la cause de la sapience productrice d’actions (Krir ânusthânajnâna), accordant ainsi les demandes faites au Bouddha Divvadundhubhimeghanirghosha. Dans le Vajradhâtu Mandala, il est dans des seize Bodhisattva du Bhadrakalpa. Il est alors représenté avec on flacon à la main ou parfois tenant un petit stûpa. Ce stûpa serait prut-être en relation avec la croyance selon laquelle Maitreya, lors de son avènement en tant que Bouddha, doit ouvrir un stûpa à l’intérieur «faquel Kâshyapa est censé attendre sa venue…

Nous avons vu qu’on trouve ses représentations dans tout l’art des écoles du Sud et du Mahâyâna, tant en Inde qu’en Asie du Sud-Est, -ctamment sur les galeries du stûpa du Borobudur à Java. Au Tibet,  rut également très en faveur et représenté assis « à l’européenne», et en Chine, dès 680, un pieux donateur fît exécuter cinq cents de ses scàtues dans les grottes de Longmen. Maitreya est représenté en Corée er au Japon soit assis en Padmâsana, soit encore en posture pensive «Hanka-shiyui), jambes croisées, cheville droite sur genou gauche, jambe  gauche pendante ou bien posée sur le sol, ou sur un lotus. Parmi les nombreux types de représentations de Maitreya au Japon, les plus souvent rencontrés sont les suivants (ces représentations furent d’ailleurs également réalisées dans les autres pays bouddhistes):

  • En Hanka-shiyui, torse nu, avec une couronne « en trois sommets des montagnes » ou « en roue de paon», ou encore avec deux chignons stylisés en boules, le pied gauche reposant sur un lotus (séparé du siège ce. non), la main droite touchant à peine la joue (ou avec seulement les doigts), la main gauche reposant sur la cheville droite. Ce type semble être d’origine coréenne : on le retrouve en effet sur de numineuses statuettes de l’époque de Silla des VI et VII  siècles. Au Japon, ce type fut surtout représenté avant et pendant la période de Nara  jusqu’a 794).
  • Assis en Padmâsana, comme un Bouddha, la main droite en Abhaya ou tenant une fleur de lotus, la main gauche en Bhûmishparsha ou louchant un pétale du lotus du siège ; ou bien la main droite en Abhaya oc en Vitarka-mudrâ, et la main gauche reposant, paume tournée vers le haut, sur le creux de la cuisse.
  • Debout, comme un Bouddha, la main droite en Varada, la main gauche en Abhaya-mudrâ.
  • Assis en Padmâsana, comme un Bodhisattva, avec un haut chignon et une couronne parfois ornée des effigies des Cinq Jina, la main droite en Varada, la main gauche tenant un lotus ou un petit stûpa ; ou bien des mains jointes tenant un petit stûpa ; ou encore avec les mains en Dharmachakra-mudrâ.
  • Debout, en Bodhisattva, la main droite pendante, la main gauche tenant un vase dans lequel se trouve parfois un lotus supportant un petit stûpa. En peinture, Maitreya est représenté, surtout vers la fin de l’époque de Kamakura au Japon, comme Amida Nyorai dans son Raigô : il tient alors parfois un lotus rouge à la main gauche. Une forme exceptionnelle le montre assis en Padmâsana avec mille bras, la main droite principale avec l’index dressé, la main gauche principale tenant un lotus sur lequel se trouve un stûpa, les autres mains avec des attributs divers, lotus, rouleau de sûtra, chintâmani, vase, etc.
  • Au Japon, on le trouve également sous la forme du dieu du bonheur Hotei, assis, avec un gros ventre, et largement souriant, Hotei étant considéré comme une incarnation de Maitreya. C’est la forme du « Bouddha au gros ventre », très connue en Chine d’où elle fut importée au Japon au XVII  siècle par la secte zen Ôbaku. Maitreya est particulièrement vénéré sous cette forme au temple du Manpuku-ji à Kyôto. Il était appelé Xiao Luohan en Chine, où son image se trouvait installée dans presque tous les temples. C’est, toujours en Chine, le patron des orfèvres et artisans, et dans ce cas il est parfois appelé, en raison d’une légende populaire, Baisosheng, « Corde de cent brins »; les artisans qui le vénèrent entourent en effet son corps de nombreux fils verts et rouges. Il est également appelé par eux Ouji Fo et Xiao Fo.

Les acolytes de Maitreya

Il est souvent représenté, en dehors des triades, avec deux acolytes : Asanga (jap. Muchaku), fondateur de la secte Hossô, et son frère Va­subandhu (jap. Seshin). La tradition rapporte en effet que Maitreya descendit du ciel Tushita à la demande d’Asanga et de son frère pour leur enseigner le contenu de cinq shâstra. Ces deux Arahant compo­sèrent alors de nombreux autres shâstra éclaircissant pour les fidèles les doctrines du Mahâyâna. Au Japon, Asanga est parfois appelé Genjô et est alors confondu avec le pèlerin chinois Xuanzang. Asanga vivait en Inde, à Purushaputra, avec son frère, au IVe siècle. On les représente sous forme de moines, le titre de Bodhisattva qu’on leur a donné tardivement ne signifiant pas qu’ils font partie des divinités. Au Japon, le culte de Maitreya et de ses acolytes n’est plus guère entretenu que par les sectes Zen et Shingon.

Vidéo: Le Bouddha du futur , Maitreya

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Une réponse pour "Le Bouddha du futur , Maitreya"

  1. Bouddha Maitreya  20 décembre 2018 at 16 h 36 min

    L’homme bête, créé ses bêtes bêtes, et s’en allaitent, pour rester bête.
    Bouddha Maitreya

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