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Les facteurs et les théorie du développement : La colonisation et les rapports inégaux nord-sud

Vous êtes ici : » » Les facteurs et les théorie du développement : La colonisation et les rapports inégaux nord-sud ; écrit le: 12 avril 2012 par chiraz

Les facteurs et les théorie du développement : La colonisation et les rapports inégaux nord-sudLa colonisation et les phénomènes qui en résultent – rapports dominés-dominants, détérioration des termes de l’échange, dettes accumulées peuvent-ils expliquer les différences économiques constatées dans les grandes aires religieuses ? Globalement, ce sont des pays protestants ou assimilés (Angleterre, Pays-Bas) et catholiques (Belgique, Espagne, France, Portugal) qui ont colonisé les pays non seulement animistes mais aussi bouddhistes, confucianistes, hindouistes et musulmans. Il est tentant d’en conclure que la richesse des premiers provient du pillage des seconds ; mais dans son livre Mythes et paradoxes de l’histoire économique, Paul Bairoch (1994) fait remarquer que cette vision des choses ne résiste pas à l’analyse et il ajoute que c’est heureux pour les pays en voie de développement car, si la richesse des nations ne pouvait s’obtenir que par l’appauvrissement d’autres pays, leur situation serait désespérée.

L’histoire montre en effet que, lors de leurs conquêtes, les pays colonisateurs étaient déjà plus développés que les pays colonisés. La première grande vague de colonisation fut la conquête des Amériques. Elle fut suivie de celle des Indes par les Britanniques, de l’Indonésie par les hollandais et enfin de l’Afrique par la plupart des pays colonisateurs qui la divisèrent d’une façon arbitraire en fonction de leurs forces respectives et de leurs intérêts.



La colonisation ne semble pas avoir eu un effet particulièrement bénéfique dans les pays colonisateurs : « si l’on compare les taux de croissance au cours du XIXe siècle, on constate que les pays non coloniaux connurent généralement un développement plus rapide que les puissances coloniales » (Bairoch, 1994). L’explication de ce paradoxe réside sans doute dans le fait que les colonies absorbaient une part importante des forces vives des nations colonisatrices et que celles-ci renonçaient alors à investir et à innover dans leur propre pays. Le retard économique affiché par les très catholiques pays ibériques résulte en partie de leur épuisement à avoir voulu maintenir trop longtemps leurs empires coloniaux.

Quant à l’impact de la colonisation sur les pays dominés, il fut profondément déstructurant, mais il y existe de grandes différences dans leur développement suivant la religion du colonisateur et du colonisé. L’exemple de l’Amérique est caricatural : celle qui fut colonisée par les protestants est riche tandis que celle qui le fut par les catholiques est pauvre. « Les sociétés latino-américaines sont

entrées dans l’histoire du développement du système universel d’interdépendance, en tant que sociétés dépendantes, à la suite de la colonisation espagnole » nous dit A. Quijano (cité par Gustavo Guttièrez, 1974). Ce qu’il ne nous dit pas, c’est pourquoi la société nord-américaine, elle, est entrée dans l’histoire en tant que société « indépendante » à la suite de la colonisation anglaise !

En Afrique subsaharienne les résultats de la colonisation, en fonction de la religion du colonisateur, sont plus difficiles à évaluer car les religions catholique, musulmane et protestante se partagent de nombreux pays qui ont souvent gardé leur culture animiste. De plus, dans la plupart de ces pays, l’instabilité politique et les guerres tribales créent des situations chaotiques. En Asie, contrairement à ce qui s’est passé dans le nouveau monde, les populations autochtones n’ont pas été décimées par les maladies importées et les religions des colonisateurs, restées marginales, n’ont eu qu’un faible impact. Il est intéressant de souligner que parmi les Dragons asiatiques, Taïwan et la Corée furent très durement colonisés par le Japon et ne retrouvèrent leur indépendance qu’après la dernière guerre mondiale ; Singapour ne fut totalement libre qu’en 1965 et Hong Kong fut colonie anglaise jusqu’en 1997. Malgré cela, ces entités se sont pourtant remarquablement développées, grâce sans doute à l’avantage inestimable d’être confucianistes.

En conclusion l’on constate que le phénomène colonial peut être partiellement responsable du moindre développement de certains pays mais qu’il n’explique pas les disparités économiques constatées dans les différentes aires religieuses. Par contre les religions expliquent bien celles des différentes aires colonisées. En Amérique les ex-colonies protestantes sont plus riches que les catholiques. En .Asie les anciennes colonies à population confucianiste se développent remarquablement. Par contre en Afrique les ex-colonies animistes restent pauvres. Bref, pour le développement, le fait d’avoir été colonisé semble tout à fait marginal par rapport à la religion dominante.

 

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