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Les prêtres et l’école polytechnique

Vous êtes ici : » » Les prêtres et l’école polytechnique ; écrit le: 20 janvier 2012 par mariouma

Il est intéressant de noter que, parmi les quelque 15 000 anciens élèves de cette grande école française considérée comme l’une des plus réputées pour sa formation scientifique, on compte 76 prêtres ou religieux catholiques. Cette proportion d’environ un prêtre pour 200 anciens élèves est à comparer à la moyenne française d’un prêtre pour 1 900 habitants. Même en tenant compte du fait que les polytechniciens sont des hommes en très grande majorité et qu’ils ont plus de 20 ans, on constate que leur formation scientifique les pré¬dispose à de bien plus nombreuses vocations religieuses que celle des autres Français.
Par comparaison, notons que seulement 36 polytechniciens sont officiers de l’une des trois Armes (ingénieurs de l’armement exclus). Paradoxalement, polytechnique, qui a le statut d’école militaire fournit au pays plus de prêtres que d’officiers !

Le « clergé » musulman

Du temps du prophète, celui-ci exerçait l’autorité religieuse supiême . c’est à lui que le Coran avait été transmis et il était seul habilité à 1 interpréter. A sa mort, cette autorité est passée à son lieutenant, le calife. Dès le quatrième calife, Ali, gendre du prophète, des querelles se sont fait jour et l’institution du califat a connu des fortunes diverses. Aujourd’hui, la situation est la suivante :
Dans l’Islam sunnite, il n’existe pas de hiérarchie religieuse ; tous les fidèles sont égaux devant Dieu et personne n’est investi d’un pouvoir religieux particulier. Mais, s’il n’y a pas de clergé proprement dit, les tâches de nature religieuse ne peuvent être confiées qu’à des musulmans compétents et irréprochables.
Selon les fonctions exercées, on distingue :
-le cadi  juge d’application de la loi musulmane, la charia ;
~ le mufti, d’un niveau supérieur au précédent, jurisconsulte qui interprète la loi et rend des arrêts de jurisprudence, les fahuas ;
–    le grand mufti, mufti aux responsabilités régionales : il y a un grand
mufti à Paris, Alger, Jérusalem, etc. ;
–    Yalem (pluriel : ulema), professeur de droit et de dogme attaché à une
mosquée ;
–    Y imam, qui dirige la prière à la mosquée ;
–    le khatib, prédicateur. C’est fréquemment l’imam qui sert de khatib;
–    le muezzin, qui appelle les fidèles à la prière ;
–    le mueqqit, détermine l’heure de la prière, etc.
En outre, il existe des titres honorifiques tels que cheikh, littéralement « vieillard », attribué aux responsables de confréries ; hadji donné à celui qui a effectué le pèlerinage de la Mecque ; chétif, attribué aux descendants du prophète par leur père…
En ce qui concerne l’Islam chiite, on dit fréquemment qu’il se caractérise par une hiérarchie de mollas au sommet de laquelle se trouvent les désormais célèbres ayatollahs. En réalité, il ne s’agit nullement d’une hiérarchie au sens d’une structure de commandement, mais plutôt de titres honorifiques attribués en fonction de critères de compétence en théologie et en jurisprudence coranique.
Ces titres sont les suivants :
–    Molla désigne généralement tout membre du « clergé », c’est-à-dire une personne qui vit de sa compétence religieuse. Celle-ci est attestée par un certificat couronnant un à cinq ans d’études dans une école coranique (madrasseh = medersa). Le mot « molla » vient de l’arabe mawla, « maître »
–    Modjtahed est le nom générique des mollas les plus qualifiés. C’est sensiblement l’équivalent du terme sunnite alem. La qualification du modjtahed lui permet d’avoir des disciples2.
–    Hojjat-ol-eslam, littéralement la « preuve de l’Islam », a qualifié pour la première le célèbre théologien du XIIe siècle Mohammed Ghazali. Ce n’est que récemment, depuis le XXe siècle, que ce titre a été respectueusement donné aux maîtres les plus connus.
–    Ayatollah, littéralement le « signe de Dieu », est également un titre récent, encore plus honorifique que le précédent.
–    Imam, littéralement « celui qui est en avant », n’est pas pris dans le même sens que dans l’Islam sunnite. Il désigne un successeur authentique du prophète Mahomet et s’est d’abord appliqué à son gendre Ali. En toute rigueur, le chiisme ne reconnaît que douze imams dont le dernier
« occulté » à Samarra en Iraq au IX  siècle. La qualité d’imam est de a ture divine : un imam est infaillible et parfait.
On voit que le « clergé » chiite ne présente guère d’analogie avec le clergé catholique, c’est plutôt une structure de type « universitaire » : des maîtres plus ou moins renommés se font une clientèle de disciples. Chacun garde son autonomie et il n’y a pas de traces de hiérarchie avec ce  cela implique de contrôle, de directives ou de discipline. Les grandes tendances s’expriment cependant dans des écoles de pensée où domine l’autorité du maître ; ces écoles peuvent être profondément rivales comme elles peuvent provisoirement s’unir pour un intérêt commun, le pouvoir par exemple.
Il est impossible d’obtenir des chiffres sur l’importance numérique du clergé chiite. Les mollas sont, à coup sûr, plusieurs dizaines de milliers, les hodjatoleslams et les ayatollahs plusieurs centaines. C’est pourquoi est apparue récemment la nouvelle catégorie de « grand ayatollah » (ayatollah el ozma) qui se limite à un effectif de quelques dizaines de grands personnages.
Comme nous l’avons vu, l’usage du titre d’imam pour qualifier un grand personnage n’a pas de fondement religieux. Seul en sera digne l’imam caché qui reviendra à la fin des temps. L’application du titre sacré d’imam à Khomeiny résulte d’abréviations successives de l’appellation, plus orthodoxe mais trop longue de « Grand Ayatollah, représentant de l’imam, Khomeiny ». On peut aussi penser qu’il s’agit d’un effet de l’emphase et de l’obséquiosité orientale1.



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