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Divinités mineures et syncrétiques

Vous êtes ici : » » Divinités mineures et syncrétiques ; écrit le: 3 février 2012 par Hela modifié le 26 janvier 2015

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De nombreuses autres divinités existent encore dans le panthéon bouddhique, lesquels sont tous plus ou moins théoriques, ne se trouvant décrits que dans les textes, parfois représentés dans les mandala, mais ne faisant jamais l’objet d’un culte. Ils ne sont décrits dans les mandala que par souci de représenter le monde divin dans la totalité de ses aspects. Ce sont généralement des divinités mineures hindoues qui ont été « bouddhisées » pour les besoins de la cause et qui représentent soit des protecteurs du bouddhisme, soit des démons faisant obstruction au développement spirituel de l’homme.



Les êtres célestes, Apsarâs, Devatâ (jap. Tennin, Hiten ; thaï Tevoda, Nang-fa ; tib. Lha’i Bu-mo ; chin. Tiannü, Feitian ; khmer Tepanom)

Ce sont les Apsarâs ou Devatâ, que l’on a souvent assimilés aux Deva. Ces êtres célestes, qui ne sont pas en réalité des divinités auxquelles on peut rendre un culte, ne sont que des serviteurs des Deva. La plupart du temps, ce sont des danseurs et des musiciens. Ces Devatâ sont en général des êtres divins anonymes qui font normalement partie de l’entourage (cour) des grands dieux ou Deva. Ce mot de Devatâ désigne en fait l’ensemble des divinités du monde du Désir (Kâmadhâtu) et du monde des Formes (Rûpadhâtu), soit la presque totalité des êtres divins. Mais on entend aussi par Devatâ les petits génies locaux, les petits dieux qui vivent près des hommes et souvent veillent sur eux. Ces Devatâ ou Apsarâs ont été fort utilisés pour la décoration des temples et sanctuaires, notamment en Thaïlande, en Birmanie et au Laos (où ils prennent le nom de Tevoda) où on les représente généralement de face, couronnés et les mains jointes, sur des embouts de tuiles et divers décors. Au Cambodge, les Tepanom sont le plus souvent représentées comme des danseuses très décorées de bijoux et de coiffures, et le torse nu. Certaines statues de ces Tepanom ornent les niches des murs des sanctuaires bouddhiques et brahmaniques. Ils symbolisent probablement dans tout l’art du Sud-Est asiatique les génies tutélaires et les génies du sol, les Phi. Mais on ne leur rend aucun culte particulier. Le populaire a parfois pris l’habitude de leur montrer une certaine vénération en déposant à leurs pieds des fleurs, de l’eau et du riz. Dans leurs représentations normales, en Chine et au Japon en particulier, on les voit debout sur des lotus, assis ou debout sur des nuages (ils sont alors parfois assimilés à des Bodhisattva, comme en sculpture sur les murs du Hôô-dô du Byôdô-in à Uji, au Japon), ou sur des lanternes (Tôdai-ji, VIIIe siècle). Ils sont généralement vêtus de robes célestes légères et flottantes, agrémentées d’écharpes de gaze (jap. tenne), parfois jouant d’un instrument de musique. Leurs attitudes, n’étant pas codifiées par les textes, sont par conséquent très variées. Ils sont souvent représentés dans une attitude de vol, en poses aériennes et pleines de grâce, soit sur des bas-reliefs (cloches de bronze, comme par exemple la cloche du roi Seong-deog de Corée, fondue en 771 à Gyeong-ju), soit en décor ajouré (Sui-en de la pagode du Yakushi-ji, à Nara), ou sur de nombreuses peintures accompagnant les images du Bouddha ou des Bodhisattva. Une des plus anciennes représentations de ces êtres célestes orne les angles supérieurs du halo entourant le célèbre « Bouddha prêchant » de Sarnâth, en Inde. Ils sont en quelque sorte l’équivalent asiatique des « anges » de notre folklore européen. On ne leur attribue aucun pouvoir. Ils ne sont là que pour témoigner de la multitude des êtres peuplant les cieux.

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