L’animisme : Les pays animistes
Les pays animistes au sens strict n’existent pas : aucun État ne se définit par l’animisme, et les recensements religieux saisissent mal ces croyances. On parle plutôt de pays où les religions dites traditionnelles, qui reconnaissent une âme ou une puissance spirituelle aux êtres, aux lieux et aux éléments naturels, tiennent une place importante. C’est le cas d’une grande partie de l’Afrique subsaharienne, mais aussi de régions d’Asie, d’Océanie et des Amériques.
Un terme forgé par l’anthropologie
Le mot animisme a été popularisé par l’anthropologue britannique Edward Burnett Tylor dans Primitive Culture, en 1871, pour désigner la croyance en des esprits. Ce terme générique recouvre en réalité des traditions très diverses, sans texte sacré commun ni organisation centrale. Les anthropologues l’emploient aujourd’hui avec prudence, et certains ont proposé de le redéfinir comme une manière de concevoir les relations entre humains et non-humains.
Pourquoi les chiffres sont fragiles
Il est difficile de dire combien de personnes sont animistes dans un pays donné. Beaucoup de croyants se déclarent chrétiens ou musulmans tout en continuant à honorer les ancêtres, à consulter un devin ou à respecter les interdits liés à un lieu sacré. Ce syncrétisme, ou double appartenance, échappe aux questionnaires qui demandent de cocher une seule religion. Les estimations varient donc fortement selon les sources et les méthodes, et une liste précise de « pays à majorité animiste » doit être regardée avec méfiance.
L’Afrique subsaharienne
Les religions traditionnelles africaines restent vivantes dans de nombreux pays, souvent mêlées au christianisme ou à l’islam. Au Bénin et au Togo, le vodun est une religion pratiquée ouvertement et reconnue publiquement ; le Bénin lui consacre une fête nationale chaque 10 janvier. Dans d’autres régions, les cultes des ancêtres, les sociétés initiatiques et les pratiques de guérison traditionnelle coexistent avec la médecine moderne et les religions importées.
Ailleurs dans le monde
- En Asie, le chamanisme de Sibérie et de Mongolie, les cultes des esprits en Asie du Sud-Est et de nombreuses traditions de minorités ethniques relèvent de l’animisme. Le shintô japonais, qui vénère les kami présents dans la nature, en partage plusieurs traits.
- Dans les Amériques, les religions autochtones ont souvent subi la colonisation et l’évangélisation ; elles se sont maintenues ou mêlées au catholicisme, notamment en Amérique latine.
- En Océanie, les traditions aborigènes d’Australie et les religions de Mélanésie accordent une place centrale aux esprits et aux lieux sacrés.
Des idées reçues à corriger
L’animisme n’est donc pas propre à l’Afrique, et rien ne permet d’établir un lien de cause à effet entre ces croyances et la pauvreté d’un pays : les facteurs économiques, historiques et politiques suffisent largement à l’expliquer. Les religions traditionnelles ne sont pas non plus des vestiges figés ; elles évoluent, se recomposent et s’adaptent aux sociétés contemporaines, y compris dans les villes et dans les diasporas.


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