La prière dans l’Islam

> > La prière dans l’Islam ; écrit le: 19 janvier 2012 par mariouma

La prière est l’un des cinq piliers de l’islam. Elle est mentionnée une centaine de fois dans le Coran sous des noms divers. C’est la seule obligation qui ait un caractère quotidien.
La règle est de prier cinq fois par jour. Elle a été édictée par le prophète à la suite de son ascension au ciel, que les Arabes appellent le Miraj. Les cinq prières ont lieu à l’aube (sobh en arabe), à midi (zohr), tard dans l’après-midi (asr), au coucher du soleil (maghreb), et avant de se coucher, dans la soirée ou la nuit (isha). Elles correspondent au rythme de vie de l’Arabie : le matin avant le travail qui commence très tôt pour éviter les grosses chaleurs, à midi après le travail effectué en journée continue, tard dans l’après-midi après la sieste quand les magasins ouvrent, au coucher du soleil à la fin de toute activité et, enfin, avant de s’endormir.
Dans les pays musulmans, l’appel du muezzin indique le moment de la prière célébrée à la mosquée. Les horaires sont fixés de façon très précise en se basant sur l’heure exacte du lever du soleil. On vend souvent dans les mosquées des calendriers qui indiquent pour plusieurs lieux géographiques l’heure de chacune des prières.

Toutefois, pour les croyants qui ne peuvent se rendre à la mosquée, on admet une certaine souplesse pour le moment de la prière :
La prière de l’aube peut se situer n’importe quand dans l’heure et demie qui précède le lever du soleil.
La prière de midi se place entre le moment où le soleil franchit le méridien et trois heures après.
La troisième prière peut se dire dès la fin de la période prévue pour la prière de midi jusqu’au coucher du soleil.
La prière du soir se récite depuis le coucher du soleil jusqu’à la fin du crépuscule, environ une heure et demie plus tard.
Enfin la prière nocturne peut se pratiquer depuis la fin du crépuscule jusqu’à l’aube, heure à partir de laquelle on peut dire la première prière.
Il est même admis, en cas d’impossibilité de pratiquer autrement, de réciter deux prières successives juste à la suite l’une de l’autre, ce qui revient à regrouper les prières de la journée en quatre ou éventuellement trois prières.
Pour développer le sens de la communauté, la meilleure façon de prier est de se rendre à la mosquée. Si c’est impossible, on s’efforce de prier en groupe, mais la prière individuelle est aussi parfaitement admise. D’ailleurs le tapis de prière dont dispose chaque musulman mais qui n’est pas obligatoire, sert, en quelque sorte, d’espace sacré individuel et isole spi-rituellement le croyant du reste du monde : il n’est pas rare, par exemple, que le réceptionniste d’un hôtel prie derrière son comptoir, laissant le client attendre la fin de ses dévotions.

Pour faire sa prière, le musulman s’oriente vers La Mecque. Les mosquées disposent toutes d’une sorte de niche, la cibla, qui indique cette direction. Le prince saoudien qui a effectué une mission de la N.A.S.A. dans l’espace en 1985 a reçu une dispense particulière pour pouvoir prier en apesanteur car, dans ce cas, la boussole que l’on peut généralement se procurer auprès des gardiens de mosquées ne peut être d’aucun secours.
Outre l’orientation vers La Mecque, la prière exige d’être déchaussé et décemment habillé mais surtout d’être en état de pureté rituelle. « La pureté est la moitié de la foi » a dit le prophète. Cette pureté s’obtient par des ablutions qui s’effectuent dans un ordre précis.
Le croyant manifeste d’abord son intention de se purifier en disant bismillah, « au nom de Dieu ». La purification n’est en effet que le signe visible d’une purification spirituelle. On se lave alors les parties intimes, puis les mains, la bouche, les narines en s’y passant un doigt mouillé, le visage, l’avant-bras droit, l’avant-bras gauche, le pied droit et enfin le pied gauche. Chaque lavage est répété trois fois avant de passer au suivant.

Si l’on manque d’eau, on peut se contenter d’un seul lavage ou même d’une ablution à la poussière ou au sable.
Il n’est pas obligatoire de se purifier à chaque prière si l’on n’a pas subi une impureté depuis la prière précédente. Toute émission naturelle rend impururine, gaz, etc. – ainsi que le sommeil. Ainsi, il est interdit à une femme de prier pendant la période de ses règles.
Dûment purifié, le croyant peut commencer ses prières. Chacune d’entre elles se compose d’un certain nombre de « modules » juxtaposables appelés rekaa, d’un mot arabe signifiant « s’agenouiller ». Un rekaa se déroule toujours de façon immuable : le musulman se place d’abord debout, les mains ouvertes, paumes en avant à la hauteur du visage. Il dit alors Allahu akbar, « Dieu est le plus grand », puis récite les premiers versets du Coran, la sourate al fatiha1, c’est-à-dire l’ouverture, dont la traduction est :
« Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux, louange à Dieu, Maître des Mondes, Clément Miséricordieux, Souverain du jour du Jugement dernier, c’est Toi que nous adorons et c’est Toi que nous appelons à notre aide ; guide-nous dans la Voie droite, la Voie de ceux que Tu as comblés de Tes bienfaits et non de ceux contre qui Tu es courroucé ni de ceux qui sont égarés ».
Il récite alors une deuxième sourate de son choix ou, s’il est à la mosquée, choisie par l’imam. Il s’incline alors en plaçant les mains sur les genoux, se relève puis se prosterne à genoux, face contre terre, se redresse en s’asseyant sur les talons, se prosterne à nouveau et se remet debout. Chacun de ces mouvements s’accompagne de phrases consacrées, identiques tout au long de l’année. C’est l’ensemble de cet exercice qui constitue une rekaa.
Selon l’heure du jour, la prière comporte de deux à quatre rekaa. Lors de la deuxième rekaa, le croyant peut, après la fatiha, réciter une autre sourate, également de son choix et ainsi de suite jusqu’à la fin de la prière.
Une prière dure environ cinq minutes, ce qui totalise 24 minutes de prières obligatoire pour 24 heures.
Le vendredi, jour de repos hebdomadaire en islam, la prière revêt une solennité particulière. Il est recommandé de se doucher avant de s’y rendre pour rendre plus parfaite la purification. Lors de la prière du vendredi ”
midi, les deux premières rekaa, sur les quatre qu’elle comporte, sont rem¬placées par un prêche de l’imam. Ce prêche est en deux parties pour bien souligner cette substitution et l’imam s’assoit en silence une ou deux minutes dans l’intervalle. Généralement la première partie porte sur un thème plus spirituel et la seconde touche la vie courante, sociale ou politique.
Chaque mosquée dispose d’au moins un imam qui dirige les prières quotidiennes et assure en outre le prêche du vendredi. Dans l’islam sunnite, n’importe quel musulman instruit et qualifié peut servir d’imam. En fait, dans les villes d’une certaine importance, ce sont de véritables spécialistes qui reçoivent une rétribution de la communauté pour les services qu’ils rendent.
Le plus souvent, une mosquée a deux imams, dont un est suppléant, et un muezzin ‘, choisi pour la qualité et la puissance de sa voix, bien que les haut-parleurs soient d’usage courant aujourd’hui.
La grande mosquée de Paris a cinq imams, désignés par différents pays musulmans (Algérie, Maroc, Tunisie, Egypte…). Le rôle politique que peut jouer un imam dans son prêche du vendredi est loin d’être négligeable, aussi un certain tour de rôle est-il nécessaire pour équilibrer les influences.
Rappelons enfin que la mosquée est faite pour l’ensemble de la communauté musulmane et tous les croyants, sunnites, chiites ou kharidjites, de quelque rite qu’ils soient, y prient en parfaite égalité et légalité. Les différences dans la façon de prier sont insignifiantes et tiennent dans la position des mains ou l’usage d’une pierre de Kerbela pour poser le front au moment de la prosternation.
Ce que nous venons de voir concerne la prière rituelle, moment privilégié de la journée qui rapproche l’homme de Dieu et lui redonne sa force spirituelle. Cependant, les musulmans pieux peuvent prier à d’autres occasions d’une façon plus personnelle. Le plus souvent, cette prière consiste en la répétition de formule comme Allahu akbar qu’on murmure, par exemple, pendant un travail manuel. Parfois aussi on égrène un chapelet de 99 grains dont chacun représente l’un des plus beaux noms de Dieu. Il faut dire que le chapelet perd souvent sa signification religieuse et ne sert qu’à occuper la main…

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