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L’attente du Messie: Le séisme de 587

Vous êtes ici : » » L’attente du Messie: Le séisme de 587 ; écrit le: 8 mai 2012 par lilia modifié le 11 octobre 2018

L'attente du Messie: Le séisme de 587



La fin du septième siècle vit s’imposer la puissance de Babylone : le nouveau maître du monde (dans la région qui nous intéresse) est alors Nabuchodonosor qui a régné de 604 à 562. C’est lui qui s’empare de Jérusalem en 597.

Il faut nous arrêter un instant sur la réalité de ce qui s’est passé là : lorsque Nabuchodonosor a conquis Jérusalem, il a fait ce qu’il faisait dans tous les pays qui tombaient sous sa coupe ; à commencer par toutes les horreurs de la guerre, qu’on devine trop bien : son armée pille et saccage la ville et le Temple ; quant à lui, il nomme et destitue les rois : et pour mater les mauvaises volontés, il opère déjà une déportation massive ; le deuxième livre des Rois raconte : « Il déporta tout Jérusalem, tous les chefs, tous les gens soit dix mille déportés, tous les artisans du métal, les serruriers, et bien sûr, les militaires : il ne resta que les petites gens du pays » (2 Rois 24, 10-16). Il met en place à Jérusalem le roi Sédécias qui régnera de 598 à 587 av. J.-C.

Mais Sédécias n’est pas plus docile que les autres, ni à Dieu, ni à ses prophètes, ni au souverain du moment, Nabuchodonosor. En 587, celui-ci fait pour la deuxième fois le siège de Jérusalem et écrase la révolte de Sédécias. Le siège dura plus de dix-huit mois et acheva la destruction de la ville. La presque totalité du peuple fut déportée. Généralement, c’est à partir de 587 que l’on décompte la durée de l’Exil à Babylone. Un Exil qui durera jusqu’à ce que Baby- lone soit à son tour écrasée en 539 par la nouvelle puissance montante au Moyen-Orient, l’Iran qu’on appelle encore la Perse, à l’époque.

On peut bien parler d’un séisme : ce déplacement de toutes les forces vives du peuple juif vers la Baby- lonie et, à l’inverse, le repeuplement de Jérusalem par des étrangers, donc des païens, sera pour l’avenir une donnée très importante, on s’en doute.

Et quelle épreuve pour la foi ! Jérusalem conquise par les armées de Nabuchodonosor (et ce ne sont pas des enfants de chœur), le Temple (le magnifique Temple qu’avait bâti Salomon) saccagé, pillé… la population tuée pour une part, et pour le reste, épuisée par le siège de la ville, déportée… il a fallu dire adieu au pays pour combien de temps ? Ce pays porteur des promesses de Dieu, la Terre Promise… Dire adieu au Temple… mais alors, où était notre Dieu ? Le Temple était le signe et la preuve de sa présence au milieu de son peuple : Dieu aurait-il abandonné son peuple ?

Quant à la dynastie de David, elle semblait bien éteinte à tout jamais : Sédécias est mort à Babylone, ses fils ont été égorgés sous ses yeux. Et son oncle yoyakin qui avait régné avant lui est en train de croupir en prison à Babylone.

Mais l’espérance fut, là encore, la plus forte : ce fut une période terrible, mais très féconde ; miraculeusement, la foi d’Israël a survécu à cette épreuve. Non seulement ce peuple a gardé sa foi intacte au milieu je tous les dangers d’idolâtrie, à Babylone, mais il est resté un peuple et sa ferveur a grandi ; et cela grâce aux prêtres et aux prophètes qui ont accompli un travail pastoral inlassable et fait découvrir aux exilés que Dieu ne connaît pas les frontières et qu’il m’abandonne jamais son peuple, encore moins quand il connaît l’épreuve.

C’est une des grandes caractéristiques de la vie du peuple élu, mais peut-être est-ce la caractéristique de tout croyant : les périodes les plus terribles, vécues dans la douleur, certes, mais dans la foi, se révèlent être des périodes d’une très grande fécondité spirituelle.

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