Le bouddhisme : La Mongolie

Le bouddhisme est la religion majoritaire de la Mongolie, où il est présent sous la forme du bouddhisme tibétain. Introduit à l’époque de l’empire mongol puis adopté massivement à la fin du XVIe siècle, il a façonné la culture et la politique du pays pendant plus de trois siècles, avant d’être presque anéanti par le régime communiste, puis de renaître depuis 1990.
Une première rencontre au temps des khans
Au XIIIe siècle, les souverains mongols entrent en contact avec le bouddhisme tibétain. Kubilaï Khan, fondateur de la dynastie Yuan en Chine, accorde sa protection au moine tibétain Phagpa, de l’école Sakya, qui devient son précepteur religieux. Cette première implantation reste toutefois limitée à la cour et décline après la chute des Yuan au XIVe siècle ; la population demeure alors largement attachée aux pratiques chamaniques.
La conversion du XVIe siècle
Le tournant date de 1578, lorsque Altan Khan rencontre Sonam Gyatso, chef de l’école Gelugpa, dite des « bonnets jaunes ». Il lui décerne le titre de « dalaï-lama », dalaï signifiant « océan » en mongol ; Sonam Gyatso devient ainsi le troisième dalaï-lama, ses deux prédécesseurs ayant reçu ce titre à titre posthume. Les monastères se multiplient ensuite, comme celui d’Erdene Zuu, fondé en 1585 près des ruines de Karakorum, l’ancienne capitale impériale.
Au XVIIe siècle apparaît la lignée des Jebtsundamba Khutuktu, dont le premier représentant est Zanabazar, grand lettré et sculpteur. Ces hauts dignitaires, considérés comme des réincarnations, deviennent les chefs religieux des Mongols, avec leur siège à Ourga, l’actuelle Oulan-Bator.
Du Bouddha vivant au régime communiste
Lorsque la Mongolie se proclame indépendante de la Chine en 1911, le huitième Jebtsundamba Khutuktu devient chef de l’État sous le nom de Bogdo Khan. Après sa mort, en 1924, est proclamée la République populaire de Mongolie, étroitement liée à l’Union soviétique.
Le nouveau régime s’attaque aux monastères, qui rassemblaient alors une part considérable de la population masculine. À la fin des années 1930, des purges d’une grande violence aboutissent à la destruction de la plupart des monastères et à la mort de milliers de moines. Le monastère de Gandan, à Oulan-Bator, est l’un des rares lieux de culte autorisés à fonctionner par la suite, sous étroite surveillance.
Le renouveau depuis 1990
La révolution démocratique de 1990 rétablit la liberté religieuse. Des monastères sont reconstruits, de jeunes moines sont formés, et le bouddhisme redevient un marqueur important de l’identité nationale, aux côtés d’un chamanisme lui aussi en renouveau. Lors des recensements récents, environ la moitié des Mongols se sont déclarés bouddhistes, tandis qu’une part importante disait n’avoir aucune religion. Vaste territoire peu peuplé enclavé entre la Russie et la Chine, le pays entretient des liens religieux étroits avec le monde tibétain.


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