Les auréoles des divinités

> > Les auréoles des divinités ; écrit le: 30 janvier 2012 par Hela modifié le 13 février 2015

Les auréoles, nimbes ou gloires qui indiquent la divinité d’un personnage (ou sa sainteté) se trouvent placées derrière la statue ou l’image, soit entière, soit seulement derrière la tête. Ces chakra sont de deux sortes principales : les nimbes ou auréoles de tête (shirashchakra ; jap. zukôhai) et les auréoles de corps ou gloires (prabhâvali ; jap. kyoshinkôhaï). Ces diverses auréoles peuvent être simples, en plusieurs parties, tlammées (jvâla) ou composites. Elles peuvent être pleines, évidées, ornées de rayons, de fleurs de lotus, d’Apsarâs, d’oiseaux célestes (Kalavinka), de musiciens célestes (Kimnara, Gandharva) ou bien, dans le bouddhisme ésotérique, de « corps de transformation, d’apparition » (jap. Kebutsu). Ces derniers sont parfois remplacés par des joyaux sacrés (chintâmani, mani ; jap. hôshu), ou encore par des lettres-germes sanskrites (bîja ; jap. shûji). Ces auréoles, en métal ou en bois pour les Shirashchakra enflammé sculptures, sont parfois de délicats ouvrages d’orfèvrerie. Elles sont soit fixées au socle de la statue, soit, dans certains cas (comme dans la période Asuka au Japon), au corps de la statue. En Inde, les auréoles se remarquent très tôt dans l’art bouddhique, mais cependant pas avant l’art du Gandhâra et l’art Kushâna au II siècle de notre ère. Elles sont alors rondes, parfois très décorées. Certains Nâgarâja (Ajantâ, cave n 19) ont une sorte d’auréole formée de capuchons de serpents Nâga. Dans l’art Pâla et Sena du Bengale, à partir des XI et XII siècles, cette auréole s’agrandit pour englober tout le corps, « en gloire », et les têtes des Bouddha et Bodhisattva s’ornent également d’auréoles plus petites, de forme allongée, qui semblent être attachées aux épaules. Dans le Sud-Est asiatique, les auréoles sont plus rares et généralement simples, parfois allongées et fixées aux épaules. En Asie centrale et en Chine, dès la période des Wei, le corps des Bouddha s’orne parfois d’une « mandorle », cependant que la tête elle-même est souvent auréolée d’une sorte de nimbe pointu attaché aux épaules, parfois orné de décors symbolisant les flammes de l’esprit. De nombreux personnages sont représentés avec un nimbe de corps pointu au sommet comme une feuille de pippal. Ce nimbe se double d’une auréole de tête. Les auréoles composites apparaissent à l’époque des Tang et seront couramment utilisées au Japon par les sectes ésotériques. L’art du Tibet fera un grand usage de ces auréoles composites.

Les auréoles de tête (shirashchakra ; jap. Zukôhai)

Elles sont le plus souvent de forme circulaire (chakra ; jap. enkôhaï) et sont constituées par un cercle doré ou de couleur, ajouré ou plein, soit encore constitué par un simple cercle (jap. rinkôhai) parfois entouré de rayons débordants. Ces auréoles prennent parfois la forme (dans le cas des images des Chaturmahârâja, entre autres) de roues à quatre ou huit rayons (jap. rinbôkôhai). Certaines de ces auréoles de tête affectent une forme légèrement pointue vers le haut, soit en feuille de pippal (rare), soit en chintâmani (chintâmanichakra ; jap. hôshugatakôhaï). D’autres sont ornées de courtes flammes. Ces auréoles de tête sont le plus souvent  fixées au corps de la statue, mais certaines d’entre elles peuvent être fixées au socle ou au trône. En règle générale, plus l’auréole est ornée, plus la divinité est importante. Mais ici comme ailleurs, rien n’est codifié, et les artistes ont fait jouer leur imagination.

Les auréoles de corps (prabhâvali ; jap. kyoshinkôhai)

Nous avons vu qu’elles peuvent affecter plusieurs formes : les auréoles simples peuvent être rectangulaires (rare) et légèrement pointues au sommet, comme des pétales de fleurs de lotus (jap. rengengatakôhai), soit avoir la forme d’un bateau, étroites à la base (jap. kofunagatakôhai), soit une forme en carène très pointue et recourbée en avant comme pour protéger la tête de la divinité (jap. shin-funagatakôhai). Ces auréoles simples sont parfois décorées de nuages (jap. kumo-kôhai) ou d’êtres célestes (jap. hiten-kôhai). Elles sont caractéristiques de certaines images divines de l’époque des Wei en Chine et des images d’Amida au Japon. Les auréoles en plusieurs parties sont habituellement composées de deux auréoles rondes placées l’une au-dessus de l’autre, soit simplement superposées et se touchant bord à bord, soit se chevauchant, la plus haute (celle de la tête) étant plus petite que celle qui entoure le corps et chevauchant celle-ci, soit encore inscrites dans un troisième cercle (jap. ensôkôhai), ou encore formées par une auréole de tête placée sur une sorte de paravent rectangulaire (jap. mibu-kôhaï). Elles indiquent la plupart du temps que la divinité qu’elles entourent appartient au domaine de l’ésotérisme.

Les auréoles flammées (jvâla) sont celles qui entourent la tête des divinités terribles ou farouches comme les Vidyârâja. Cependant, quel­ques auréoles flammées peuvent également entourer la tête des Boud­dha. Elles peuvent être également constituées par des flammes libres entourant le corps tout entier (cas des Vidyârâja, par exemple) : ces flammes dévorent les passions et consument les désirs ; elles sont significatives de l’ardeur des divinités à défendre la Loi et le Bouddha. Les auréoles composites sont relativement diverses, soit en mandorles très ouvragées et ornées de rayons divergents (Fukûkensaku Kannon du Tôdai-ji, au Japon), ou bien ornées de « mille Bouddha » (jap. senbut- su-kôhaï).

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