Le yoga

> > Le yoga ; écrit le: 18 janvier 2012 par mariouma

Le yoga est souvent perçu en Occident comme une technique à la mode de relaxation mentale et corporelle. Pour un hindou cependant, le yoga est une pratique éminemment religieuse qui mérite, à ce titre, que nous nous y intéressions.
Yoga signifie sensiblement « union » en sanscrit.
Il existe donc une parenté de concept entre le yoga et la religion qui ambitionne de « relier » l’homme à Dieu. Dans le yoga, il ne s’agit pas toutefois de s’unir à un dieu personnel, selon la conception des mystiques occidentaux, mais plutôt de se rattacher au principe de l’univers.
Pour ce faire, le yogi s’efforce de se situer dans l’ensemble de la création en cherchant d’abord à se connaître lui-même. On comprend pourquoi le yoga hindou n’est pas une simple gymnastique, mais un exercice où sont impliqués le corps, l’intellect et la sensibilité.
Ainsi, il existe plusieurs variétés de yoga, axées sur une approche particulière, par exemple le hatha yoga qui insiste sur les exercices corporels. Mais la performance physique ne constitue pas la finalité du yoga. Le corps n’est qu’un champ d’observation et  expérimentation pour le yogi qui souhaite explorer ce qui est au-delà de la perception des sens.

Grâce à la maîtrise des fonctions vitales liées aux cinq sens, certains yogis espèrent acquérir des pouvoirs inaccessibles au commun de l’humanité. Ces pouvoirs, désignés par le mot sanscrit de « siddhi », recouvrent tous les phantasmes de l’humanité : perception de l’infiniment petit et de l’infiniment grand, capacité d’obtenir un objet à distance, de se déplacer instantanément à volonté, de peser soudainement un poids considérable ou, au contraire, de s’alléger au point de s’élever dans les airs, pouvoir de commander aux éléments naturels, de dominer la conscience des autres, etc.

Le yoga, comme la croyance en l’efficacité de ses techniques, remonte à une lointaine antiquité, hors des limites de l’Histoire, puisqu’il est antérieur à la religion védique apportée en Inde par les Aryens vers l’an mille avant J.-C.
Dans son ensemble, le yoga recherche la maîtrise du comportement, du corps et de la respiration, ainsi que le développement de l’attention et de la concentration intellectuelle. Le pratiquant yogi acquiert alors une capacité de « contemplation » qu’il peut à volonté appliquer à un objet, une idée ou même à rien du tout. On constatera plus loin que la méditation bouddhiste du zen tire son origine du yoga hindou.
une famille et s’être assuré que sa présence n’est plus indispensable que le brahmane se retire ainsi du monde pour devenir samnyasin, c’est-à-dire, en quelque sorte, un sadhu brahmane. Toutefois, tous les sadhus ne sont pas brahmanes, loin de là. Des hindous de toutes castes choisissent la voie du renoncement. Ils espèrent trouver ainsi un raccourci au long cheminement traditionnel vers la libération qui oblige normalement à attendre une réincarnation dans un brahmane avant de prétendre à la libération de la moksha.
Le prestige spirituel des sadhus est grand et certains d’entre eux se font une réputation de faiseurs de miracles. Il s’agit généralement de charlatans qui abusent de la crédulité des villageois, les authentiques sadhus étant plutôt sollicités pour des conseils spirituels, ce qui fait d’eux des gourous, des maîtres à penser.
Il faut noter que les sadhus non-samnyasins sont rejetés par les brahmanes traditionalistes. Ces derniers n’apprécient guère le court-circuit spirituel que recherchent ces sadhus : en abandonnant leur famille, en acceptant de la nourriture de n’importe qui, en ne célébrant pas la puja, ils pèchent contre la loi religieuse, le dharma, et risquent bien plus une réincarnation déplorable que la libération recherchée.

Les courants “Modernistes”

L’Inde a vu naître, tout au long de son histoire religieuse, les mouvements les plus divers. Curieusement, l’hindouisme présente cette particularité de ne rejeter comme hérétique aucune de ces conceptions souvent contradictoires ; au contraire, il témoigne d’une grande facilité à intégrer dans son panthéon non seulement les petites divinités locales mais aussi les personnages les plus remarquables des autres religions : Bouddha est généralement reconnu comme la 9e incarnation de Vishnou et certains hindouistes sont prêts à considérer que Jésus et Mahomet sont dans la même situation.
En fait, ce qui peut apparaître comme une très grande tolérance et largeur d’esprit revient à intégrer toute religion dans l’hindouisme en en relativisant les particularités. Ainsi le vieux fonds polythéiste de l’hindouisme absorbe-t-il les innovations religieuses de la même façon que jadis les différents dieux des populations dravidiennes1 sont entrés en douceur dans le panthéon aryen. Nous avons vu que le sikhisme, tentative de conciliation de la spiritualité hindoue et du monothéisme musulman, est devenu une religion nouvelle sans avoir jamais été expressément rejeté par l’hindouisme.

Les contacts des élites indiennes avec le christianisme, qui se sont multipliés dès l’achèvement de la colonisation britannique au début du XIX  siècle, n’ont pas conduit à la création de véritables religions nouvelles mais à celle de mouvements spirituels originaux. C’est ainsi que Rama- krishna (1834-1886), maître spirituel du Bengale, déclarait que toutes les religions sont une, d’un point de vue transcendantal. Gandhi (1869-1948) était sûrement sensible à l’influence de tels enseignements quand il affirmait que Les Evangiles, le Bhagavad-Gita et le Coran recommandent la même morale.

Ces courants modernistes restent toutefois marginaux en Inde. Ils sus¬citent en revanche l’intérêt des Occidentaux qui y trouvent un humanisme authentique et une ouverture sur la spiritualité hindoue.
Dans cette mouvance, le philosophe Aurobindo Ghose (1872-1950) s’est efforcé de créer une « religion synthétique » universelle. Sa compagne, une Française Mirra Alfassa, appelée « la mère », fonda en 1956 près de Pondichéry une cité prévue pour 50 000 disciples venus de tous les horizons. Depuis 1980 le gouvernement indien, convaincu du rayonnement du mouvement, a pris en charge l’achèvement de cette « Auroville ».
Cependant, le contact de l’hindouisme et de l’Occident ne produit pas toujours des fruits de cette qualité spirituelle ; nous verrons plus loin que diverses sectes s’inspirent de l’hindouisme pour recruter des adeptes à des fins plus douteuses.

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