Les divinités féminines : Vasudhàrà

Vasudhàrà (Vasudhārā en transcription savante, parfois écrit Vasundhara) est une déesse bouddhiste de la richesse, de l’abondance et de la prospérité. Son nom sanskrit signifie « flot de trésors ». Rarement représentée en Inde même, elle est restée très populaire au Népal, en particulier chez les bouddhistes newars de la vallée de Katmandou, ainsi qu’au Tibet.
Une déesse de l’abondance
Vasudhàrà est invoquée pour obtenir la prospérité matérielle, de bonnes récoltes et la fécondité, mais aussi la générosité qui permet de partager ces biens. Dans le bouddhisme du Grand Véhicule et dans le bouddhisme tantrique, elle est souvent présentée comme la compagne, ou shakti, de Jambhala, divinité bouddhiste de la richesse rapprochée du dieu hindou Kubera (ou Kuvera). Les fidèles récitent en son honneur un texte qui lui est consacré, la Vasudhārā dhāraṇī.
Le récit de la dhāraṇī
Selon ce texte, un laïc pauvre nommé Sucandra demande au Bouddha comment faire vivre sa nombreuse famille. Le Bouddha lui enseigne la formule de Vasudhàrà, dont la récitation lui apporte la prospérité. Le récit associe ainsi la richesse à la pratique religieuse et à la générosité envers la communauté. Dans cette perspective, la prospérité n’est pas un but en soi : elle permet de nourrir les siens, de soutenir les moines et de faire des dons, actes valorisés par la tradition bouddhiste.
Iconographie
Vasudhàrà est généralement représentée assise, une jambe repliée et l’autre pendante, le pied parfois posé sur un vase, dans une attitude de délassement. Elle n’a qu’une tête et porte deux ou six bras. Ses attributs les plus fréquents sont :
- un épi de céréale, symbole de récolte abondante ;
- un vase d’où s’écoulent des richesses ;
- le joyau qui exauce les vœux (cintāmaṇi) ;
- le livre de la Prajñāpāramitā, la « perfection de sagesse » ;
- une main dans le geste du don (varada mudrā).
Sa couleur est le plus souvent jaune ou dorée, celle de l’or et des moissons. Une petite image du bouddha Ratnasambhava, associé aux joyaux et à la générosité, orne parfois sa coiffure. Comme elle tient le livre de la sagesse, elle est parfois confondue avec la déesse Prajñāpāramitā.
Une divinité vivante au Népal
Au Népal, de nombreuses statues de bronze, peintures et manuscrits illustrés représentent Vasudhàrà, et son culte reste pratiqué, notamment lors de rituels destinés à la prospérité du foyer. Dans la langue sanskrite, le mot voisin vasudhā, « qui porte les richesses », désigne la Terre ; ce rapprochement explique que Vasudhàrà soit parfois associée aux divinités de la terre et de la fertilité. Elle illustre la place que le bouddhisme himalayen accorde aux divinités protectrices de la vie quotidienne, à côté des bouddhas et des bodhisattvas.


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