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Les facteurs et les théories du développement : Les théorie de sous-développement

Vous êtes ici : » » Les facteurs et les théories du développement : Les théorie de sous-développement ; écrit le: 13 avril 2012 par chiraz

Les facteurs et les théories du développement : Les théorie de sous-développementLes théoriciens du sous-développement se divisent en deux grandes écoles. Pour les uns le sous-développement résulte de facteurs endogènes (milieu naturel, facteurs socioculturels, etc.) ; pour les autres il résulte de facteurs exogènes (pays pauvres dominés et exploités par les pays riches, souvent anciens colonisateurs).

Même au sein de chaque école, les théoriciens ne sont pas d’accord entre eux. Parmi les tenants de la première école, certain; considèrent le milieu naturel comme déterminant ; d’autres comme J.K. Galbraith, considèrent au contraire que c’est le déterminisme sociodémographique qui est essentiel. Selon cette théorie tout accroissement du revenu déclenche des réactions sociale (accroissement démographique, etc.) qui empêchent tout progrès Au contraire, pour T.W. Schultz, les pauvres saisissent leurs chance



dès qu’elles se présentent et seules les défaillances de leurs structures économiques empêchent les pays pauvres de s’en sortir.

Pour les tenants de la seconde école, développement et sous- développement sont « les deux composants d’un même processus » ; le sous-développement persistant témoigne de la domination des pays développés sur les autres. De plus la dépendance des pays sous-développés gangrène leurs politiques, leurs structures économiques et leurs rapports sociaux.

Suivant certains théoriciens, R. Prebish (1950) par exemple, les pays pauvres enregistrent une dégradation permanente des termes de l’échange avec les pays industriels et devraient donc développer des industries de substitution. Pour les plus radicaux, les pays riches ne se développent qu’au détriment des pays pauvres. « On s’enrichit toujours au détriment de quelqu’un ou de la nature. L’appauvrissement constant des pays du Tiers-Monde en est la preuve éclatante » a-t-on pu lire dans un jeune journal d’Afrique.

Bien que cette théorie n’explique ni l’évolution économique de l’Europe depuis le Moyen Age, ni celle des pays confucianistes, ni l’augmentation globale du produit national brut de la planète, elle a beaucoup d’adeptes parmi l’élite des pays en voie de développement. Il est vrai que dans une région où la production stagne, l’enrichissement de quelques uns, souvent l’élite, se fait effectivement au détriment du reste de la population. De là à généraliser et à culpabiliser… Cette théorie a un effet particulièrement pervers parce qu’elle désespère ceux qui y croient (impossible de se développer par soi-même) et donne une mentalité de mendiant.

Comme déjà dit, cette conception désespérante du développement humain est contredite par les récentes conclusions de différents chercheurs. Pour Robert Solow, à moyen terme, l’élévation du niveau de vie ne dépend ni de l’accumulation du capital, ni de celle du travail, ni du montant de l’épargne, mais uniquement du progrès technique. Ce que ne démentent pas les études de Gunnar Myrdal (1976), ce sociologue suédois de conviction socialiste, qui fut un militant fondateur du tiers-mondisme et qui n’hésita pas à corriger les conclusions sur lesquelles s’étaient construites sa carrière et sa réputation en affirmant dans son livre Asian drama que le sous-développement était le résultat de facteurs socioculturels et non de facteurs économiques.

Ces théories sont proches de celles qui voient dans les facteurs religieux le fondement du développement. Toutefois beaucoup d’auteurs nient cette filiation, parfois semble-t-il avec raison. Max Weber lui-même n’a pu deviner les potentialités de développement économique que recelait le confucianisme. Et de nombreux auteurs ont même démonté la théorie du sociologue allemand liant

protestantisme et développement économique. Cunningham voit plutôt le développement comme le résultat de la sécularisation de la société aux XVe et XVIe siècle. Quant à Kurt Samuelson (1971) il termine sa critique de Max Weber en disant : « Nous concluons donc que, en partant des doctrines du puritanisme ou du capitalisme ou d’une corrélation entre la religion et l’activité économique, nous ne trouvons aucune preuve confirmant les théories de Weber. Presque tous les faits les infirment ».

Le nombre de théories du développement montrent leurs faiblesses : aucune n’est totalement satisfaisante. « Splendeurs et misères de la science économique » titrait un article du journal Le Monde (2 avril 1991) qui rappelait que seulement 1,5 % des résultats économétriques publiés avaient pu être reproduits par d’autres que leurs auteurs. Et d’ajouter : « La conclusion semble être que la pensée économique fructueuse et utilement innovatrice doit s’appuyer sur de bonnes bases en psychologie, sociologie, culturologie, politologie, épistémologie et éthique sociale ». L’économie ne trouve pas ses explications en elle-même ; elle trouve son origine dans un autre niveau d’organisation et ne peut se comprendre que comme résultat des comportements humains. Ceci a conduit les chercheurs à concevoir une analyse structurelle du développement. Suivant celle-ci, on ne peut dissocier les facteurs externes d’un pays en voie de développement de ceux qui lui sont spécifiques ; tous ces facteurs doivent être pris en tant qu’éléments d’une même structure. Mais cette structure a sa propre dynamique qui la transforme en respectant des limites qui lui sont propres. Toutefois il peut arriver, il arrive même que le développement fasse éclater cette structure qui, alors, disparaîtra au profit d’une autre.

Les caractéristiques des structures internes des entités sous-développées sont le dualisme (opposition traditionnel-moderne), l’extraversion (introduction d’une économie exogène), le déséquilibre (entre la population et les ressources, l’emploi, le capital…), l’industrie, etc. Cette approche structurelle, plus intéressante que les autres, ne donne pas non plus les clefs du passage vers le développement mais elle amène à le considérer comme un phénomène relevant de la théorie du chaos.

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