Les pèlerinages de l’Islam

> > Les pèlerinages de l’Islam ; écrit le: 20 janvier 2012 par mariouma

Le pèlerinage a la Macque et a Médine

Parmi les cinq « piliers » de l’islam, le pèlerinage est la seule pratique qui ne soit pas strictement obligatoire. Cependant tout musulman adulte, homme ou femme, qui n’est pas atteint d’une maladie mentale ou contagieuse est tenu de le faire au moins une fois dans sa vie, s’il en a les moyens.Le nom arabe du pèlerinage est hadj, celui qui l’a effectué peut porter le titre envié d’hadji.
Le pèlerinage comprend la visite des lieux saints de La Mecque et de Médine. Ces deux villes sont rigoureusement interdites aux non- musulmans. Ce sont les seules villes du monde d’accès réservé aux fidèles d’une religion.
A Médine, le pèlerin visite les tombeaux du prophète Mahomet et de ses trois compagnons Abou Bakr, Omar et Othman. Médine, dont le nom arabe, Medina, signifie simplement ville, a été le refuge du prophète après sa fuite de La Mecque en l’an 622. Cette fuite, qui se dit hijra en arabe et hégire en français, marque le début du calendrier musulman. La visite à Médine peut se dérouler avant ou après le pèlerinage principal à La Mecque.
La Mecque, lieu de naissance du prophète, est la ville la plus sainte de l’islam.
C’est la capitale du Royaume de Dieu et la mère des villes. On y trouve la Maison de Dieu, la Kaaba, cet édifice cubique2 couvert de tentures noires placé au centre de la cour de la mosquée principale. Selon la tradition, Adam aurait érigé un temple à cet emplacement et Abraham l’aurait restauré. Nous serions donc en présence du lieu de culte indubitablement le plus ancien du monde !
Ce qui est sûr, c’est que la Kaaba était l’objet d’un culte païen avant l’islam et qu’on s’y rendait pour de grandes kermesses où s’affrontaient aussi bien des lutteurs que des poètes ou des orateurs. Mahomet a même participé à des travaux de reconstruction de la Kaaba avant de devenir prophète.
On trouve dans la Kaaba la fameuse Pierre noire qui symbolise la main de Dieu et que les pèlerins touchent de la main en signe d’allégeance. Toutefois la pierre n’est l’objet d’aucune adoration : ce serait contraire à l’islam qui est particulièrement sévère à l’égard des idoles. D’ailleurs la pierre fut enlevée au X  siècle par les Arabes d’Oman et pendant les 21 ans de son absence rien ne changea dans les habitudes des pèlerins. En pratique, la pierre sert surtout à marquer le point de départ des processions circulaires que font les fidèles autour de la Kaaba.
Pour en revenir au pèlerinage lui-même, il se déroule selon les dispositions prévues par le prophète. C’est dire que les rites et l’ordre dans lequel ils sont pratiqués sont immuables.
En premier lieu, le pèlerin doit se mettre en condition et se sanctifier. Il existe cinq lieux réservés à cet effet, ils sont situés loin de l’enceinte sacrée. Le plus proche, Yalamlam, est à une cinquantaine de kilomètres au sud de la Mecque ; il est destiné aux pèlerins en provenance du Yémen et des pays méridionaux. Le plus éloigné, Zu el Hilayfa, est proche de Médine, à 450 km au nord de La Mecque. Ainsi, selon leur provenance géographique, les pèlerins commencent le Hadj en un lieu précis puis se lavent de toutes leurs impuretés. Les hommes, tête nue, se chaussent de sandales et se vêtent de deux pièces de tissu blanc sans couture. Cette tenue uniforme qui efface les classes sociales symbolise l’égalité des hommes devant Dieu ; elle rappelle aussi par sa blancheur les langes du nouveau-né et le linceul de la mort. Les femmes ne sont pas tenues de changer de vêtements, elles gardent leurs vêtements habituels.
Ainsi préparé, le pèlerin peut entreprendre les visites rituelles dans une atmosphère exaltante de communauté de foi. Il se dirige vers la mosquée sainte, masdjed el haram  en répétant inlassablement la formule, dite lab bayka du nom des premiers mots de cette prière qui dit : « Me voici, Seigneur, me voici. Tu n’as pas d’associé. Me voici.
La louange et le bienfait t’appartiennent ainsi que la royauté.
Tu n’as pas d’associé ».
Une fois à l’intérieur du sanctuaire, il s’efforce de toucher la pierre noire, Puis il tourne sept fois autour de la Kaaba. Après avoir bu à la fontaine
Zamzam, il parcourt ensuite sept fois l’espace compris entre deux petits monticules, Safa et Marwah, reliés par une immense galerie couverte. Une section de ce trajet s’effectue en courant. A chaque passage à Marwah, il se tourne vers la Kaaba en disant trois fois Allahu akbar et en récitant d’autres prières rituelles. Ces allers-retours symbolisent l’errance d’Adam et Eve chassés du paradis ainsi que la course d’Agar l’Egyptienne, femme d’Abraham, à la recherche d’eau pour son enfant Ismaël.
Le pèlerinage comporte en outre obligatoirement une soirée de méditation sur le mont Arafat, dans la banlieue de La Mecque, où le prophète prononça le fameux sermon du testament, trois mois avant sa mort. Après le coucher du soleil, le pèlerin se rend à un autre lieu saint, Muzdalifa ; il ramasse en route sept petits cailloux dont il se servira pour lapider une stèle symbolisant le diable.
Après quelques jours passés à Mina, toujours dans les environs immédiats de La Mecque, la fin du pèlerinage approche et le pèlerin procède à sa « désacralisation » : il offre un sacrifice, généralement un mouton, se rase la tête ou se coupe les cheveux, prend une douche et remet ses vêtements de tous les jours. Il retourne alors à La Mecque et effectue à nouveau sept tours de la Kaaba à un rythme de marche normal.
Le pèlerinage est complété par la visite de la mosquée du prophète à Médine, à 450 km au nord de La Mecque, où se trouvent les tombeaux de Mahomet et de ses compagnons les califes2 Abou Bakr, Othmar et Omar. Cette visite peut aussi s’effectuer avant le pèlerinage proprement dit.
Il existe une forme plus courte de pèlerinage, dite umra, qui ne comporte pas la visite des lieux extérieurs à La Mecque. Il faut cependant se « sacraliser » en dehors de la ville.
Le caractère obligatoire du Hadj pour tout musulman qui en a les moyens fait de ce pèlerinage l’une des manifestations religieuses de masse les plus impressionnantes de l’humanité, d’autant que la foule se concentre préférentiellement sur le dernier mois de l’année lunaire, le mois du hadj.
Chaque année, on compte plus de deux millions de pèlerins, dont environ 200 000 Saoudiens et près de 800 000 Yéménites, résidents ou non en Arabie Saoudite.
Le pèlerinage est aussi une remarquable affaire commerciale qui draine au profit des Mecquois des sommes considérables. Pour les pays pauvres d’Afrique Noire largement islamisés comme le Burkina-Faso, malgré les facilités qu’ils obtiennent en matière de transport aérien, la ponction financière est telle que le développement économique en est considérablement ralenti. Un seul détail : il est très chic de se faire des couronnes dentaires en or à l’occasion du Hadj ce qui constitue un souvenir prestigieux.

Les autre  pèlerinages de l’islam

Quoique le pèlerinage de La Mecque soit le seul demandé par le Coran, la piété musulmane confère à d’autres lieux saints un prestige qui attire les foules.
En particulier, Jérusalem (el Qods, « la sainte » en arabe) est la troisième ville sainte de l’islam après La Mecque et Médine. On y trouve la mosquée d’el Aqsa1 et, à proximité, la roche d’où Mahomet monta au ciel lors de sa vision de la « nuit du destin ».
Dans l’islam sunnite, de loin le plus répandu, les autres sites de pèlerinage sont, en comparaison, très secondaires. Certes, à l’occasion d’une visite, un pieux musulman ne manque pas de prier dans les mosquées prestigieuses telle que celle des Omeyades à Damas, celle de Kairouan en Tunisie ou la mosquée bleue d’Istanbul, mais la piété populaire se manifeste plutôt par le culte des marabouts, tombeaux de saints auxquels on attribue souvent des pouvoirs miraculeux. En Afrique du Nord en particulier, presque chaque village a son marabout que la superstition imagine capable de guérir les anxiétés sexuelles, de favoriser les mariages ou la fécondité. Parfois, comme à Moulay-Idriss au Maroc, le marabout a eu aussi un rôle politique : Idris est le fondateur de la première dynastie arabe du pays et sa fête, le moussem, revêt un éclat officiel.
Certaines confréries sunnites vénèrent spécialement leur fondateur. Le cas le plus remarquable est celui des mourides au Sénégal qui célèbrent chaque année à Touba l’anniversaire de la déportation de leur maître, le cheikh Amadou Bamba.
Dans l’islam chiite, les pèlerinages officiels sont nombreux. Outre celui de La Mecque, pilier de l’islam, commun à tous les musulmans, les chiites marquent leur piété par la visite des tombeaux des grands personnages de leur religion.
En théorie, les sites les plus saints sont Nadjaf, en Iraq où est enterré Aü, gendre du prophète, quatrième calife et premier imam chiite, assassiné en 661 dans la mosquée de Koufa, puis Kerbela, encore en Iraq, où se trouve le tombeau de Hussein, fils d’Ali et deuxième imam, et enfin Samarra, toujours en Iraq, d’où le 12e imam disparut du monde en attendant de reparaître à la fin des temps.

Cependant la rivalité séculaire entre Arabes et Persans a toujours conduit ces derniers à favoriser les pèlerinages situés sur le sol iranien C’est ce qui vaut l’importance donnée au tombeau du 8e imam, Ali Reza mort en 817 et enterré à Mashhad dans l’est du pays. Cette dernière ville rivalise avec une autre ville sainte, Qom, à 150 km au sud de Téhéran, où se trouve le mausolée de Fatima, sœur du 8e imam, la promotion de Qom est largement due au souci de l’Iran d’attirer au pays les étudiants chiites établis à Nadjaf, lesquels, pour des rivalités d’école, ne souhaitaient pas s’établir à Mashhad. On estime à plus d’un million le nombre de pèlerins qui se rendent à Qom chaque année ; en outre quelques milliers de personnes s’y font enterrer. La période la plus fréquentée est celle du mois de moharram.
Ajoutons que la piété populaire ne néglige pas ses marabouts, appelés en Iran imamzadeh, littéralement « fils d’imam ».

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