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Les religions et la violence

Vous êtes ici : » » Les religions et la violence ; écrit le: 13 avril 2012 par chiraz

Les religions et la violencePour terminer, un bref aperçu des relations entre éducation et violence dans les sociétés relativisera l’impact des doctrines religieuses face aux réalités sociobiologiques. James Prescott (1975) a analysé statistiquement 400 sociétés préindustrielles et en a déduit que les cultures qui prédisposent à la violence sont celles où les individus ont été privés de plaisirs physiques pendant l’enfance et l’adolescence. « Là ou les marques corporelles d’affection sont encouragées, le vol, la religion organisée et l’étalage ostentatoire de richesses apparaissent peu ; là où les enfants subissent des châtiments corporels, l’esclavage tend à s’imposer, les meurtres sont fréquents, ainsi que la torture et les mutilations d’ennemis ; l’infériorité des femmes y est un principe, de même que la croyance en un ou plusieurs êtres surnaturels dans la vie quotidienne. Une société qui témoigne de l’affection physique aux tout jeunes enfants et de la tolérance à l’égard du comportement sexuel prémarital n’a que 2 % de chances de devenir physiquement violente » (Cité par Cari Sagan, in Cosmos, 1971).

Cette relation entre plaisirs physiques et violence est signalée par d’autres anthropologues. Georges Bataille, par exemple, dans son livre Les larmes d’Eros dit que les esquimaux qui connaissaient une grande liberté sexuelle ignoraient la guerre. Margaret Mead (1963), ethnologue et anthropologue américaine, arrive à de semblables conclusions : « une tolérance raisonnable dans les mœurs (est) préférable au rigorisme ». Cette lecture des rapports entre la violence et les plaisirs physiques, appliquée aux sociétés chrétiennes a quelque chose d’étonnant et de détonnant : serait-il possible que les sociétés pratiquant cette religion d’amour aient tellement produit d’horreurs (guerres, inquisition, esclavagisme, tortures, génocides) simplement parce qu’elles n’ont pas assez choyé leurs enfants ou par ce qu’elles ont eu une morale sexuelle intolérante ?



Le fait est qu’en Europe la libération sexuelle, accompagnée d’une stabilisation démographique, coïncide avec une période de calme et de paix étonnamment longue que l’on ne retrouve pas dans les zones conservant une morale sexuelle traditionnelle rigoriste. Ainsi le monde musulman connaît des tensions permanentes qui se traduisent par des guerres tribales, civiles et internationales. Serait-ce le résultat des insatisfactions sexuelles nouvelles résultant de l’impossibilité pour une majorité de jeunes d’accéder rapide­ment au mariage suite aux bouleversements économiques que connaissent ces régions ? L’ex-président d’Iran, Rafsandjani lui- même, semblait conscient des inconvénients d’une moralité sexuelle trop rigoureuse vu qu’en novembre 1990 il plaida pour une « satisfaction plus aisée des besoins sexuels ». Encore faudrait- il établir la part des différents facteurs intervenant dans les tensions signalées : l’Afrique subsaharienne les connaît également, bien qu’en général la sexualité n’y soit pas particulièrement brimée. Mais il est vrai que la démographie est loin d’y être stabilisée.

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