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L’hindouisme : Le modèle « Kérala »

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                      L’égalité, le partage des terres et des richesses, l’éducation des femmes et de la population en général, la santé pour tous, le renoncement au  développement industriel effréné ont été les leitmotivs de la politique du Kérala, que ce soit sous le turban des maharadjahs, sous la crosse, sous la faucille et le marteau ou sous le rouet cher à Gandhi. Mais une production insuffisante rend difficile la poursuite d’une telle politique. Tout va donc bien sauf la production. Il faudrait aller la cueillir dans un autre modèle : l’hindouité, le libéralisme, l’informel, le vert et le rose… La plupart des facteurs négatifs, ceux qui sont attachés aux castes tels que le féodalisme stratifié, le fonctionnalisme de caste, les mariages arrangés et précoces, les droits de l’homme, le statut de la femme, le conditionnement, l’esprit dépressif et l’image de soi négative, la plupart des facteurs sont donc inexistants ! Malheureusement, ce modèle ne peut être exporté dans les autres Etats de l’Inde, là où l’hindouisme est plus prégnant.

Guy Sorman rappelle les inconvénients du capitalisme. L’Occident a subi les guerres mondiales, les génocides, la destruction de la nature, la violence… L’Inde se débat dans la déculturation, l’exode rural, l’urbanisation sauvage, la violence et la misère. Il en attribue la responsabilité aux élites du tiers-monde intellectuellement colonisées par le modèle occidental et qui veulent régner sur un Etat-Nation riche et puissant, au mépris des populations.

Il recommande un capitalisme informel et cite l’exemple du conducteur de pousse-pousse qui loue son véhicule et gagne sa vie, petitement mais somme toute avec satisfaction. Il applaudit les milliers de petits métiers informels « sans investissement », qui répondent aux besoins locaux et qui sont imaginés par les Indiens eux- mêmes. L’Etat devrait les aider en leur donnant la licence gratuitement et en finançant l’achat de leur petit matériel (pousse-pousse, machine à coudre, poste à souder…) car ces petits métiers donnent une place au travailleur. Les populations pourraient s’en sortir à condition d’éviter le système de la consommation en restreignant leurs besoins au niveau de leurs ressources : vivre pauvrement mais sans misère, selon l’exemple gandhien. Cela éviterait l’assistance à tous les niveaux, du mendiant vis-à-vis du passant, à l’État sur la scène de l’aide internationale. Cela permettrait à chacun de rester dans sa culture, dans ses traditions « en empruntant à la modernité ce qui est absolument nécessaire à sa survie ». Sorman trouve un nom pour ce modèle intégré : le capitalisme frugal !

Malheureusement, l’économie informelle ne donne pas de réponse pour les infrastructures. Il faut la prendre ailleurs, mais où ? Les modèles envisagés ici présentent tous le même défaut, en dehors de celui du Kérala qui ne semble pas exportable et, peut- être, du libéralisme, qui doit attendre.  Swaminathan est le père de la « révolution verte ». À la fin des années soixante, il a lancé en Inde l’I.R.36, un riz à croissance rapide qui a multiplié par trois les rendements ! Grâce à ce miracle, l’Inde est autosuffisante en la matière. Elle a même pu, en 1987, faire face à une sécheresse exceptionnelle, de par ses réserves. Toutefois, cette hausse spectaculaire de la production ne fut possible que dans les Etats de l’Inde où les paysans étaient propriétaires de leur terre, tels le Bengale ou le Tamil Nadu, tandis que le Bihar, aux

mains de grands exploitants, restait dans l’ombre. Face à des révolutions vertes dans plusieurs pays du tiers-monde, Swaminathan conclut que la famine n’existe que là où il y a la violence. Violer des grands propriétaires, violence des guerres civiles, violence (jette les réfugiés sur les routes en les coupant de leurs champs constate que ce qui menace le tiers-monde d’une manière généra c’est moins la faim que la malnutrition. Beaucoup de paysans n’c pas de terre et n’ont pas les moyens d’acheter du riz, même de production locale, car ils ont peu d’argent.

Par ailleurs, il revient sur son erreur d’avoir voulu, comme la p part des projets de développement, améliorer l’agriculture par hommes. En réalité, dans ces pays, ce sont les femmes qui travaillent la terre ! Pour la simple raison qu’elles ont des enfants à nourrir Les hommes, de leur côté, ont plutôt tendance à gaspiller le produit d’une récolte dans des réunions aussi interminables que bien arrosées ! On sait que l’amélioration des soins de santé primaires entraîne la réduction des naissances ; si l’on aide les femmes gagné un peu d’argent, elles le consacrent automatiquement, bonne partie, à ces soins. Le mécanisme devient un véritable ressort du développement, puisqu’à la fois il augmente la production vivrière et il réduit l’essor démographique ! Un autre terrain irrigué par les ressources de la mère de famille est la scolarisation c enfants. Là aussi, il faut se souvenir que l’éducation des filles conduit à la réduction des naissances…

Swaminathan insiste alors sur la liberté de la presse, seul moyen d’exprimer la famine et de forcer les dirigeants à se préoccuper d’autre chose que d’acheter des chars d’assaut. La liberté politique est un préalable fondamental au développement. Enfin, il conste que les démocraties, par la vue à trop court terme de leurs dirigeants conduisent à la destruction de l’environnement, par exemple p une déforestation galopante, et donc à de nouvelles famines. Pour le Sahel, par exemple, il recommande la cessation totale de l’exploitation agricole afin de permettre aux terres de se reconstituer, préconisant l’aide humanitaire pendant un temps suffisant.

On voit que la propriété privée des terres cultivables, la coopération avec les femmes et la liberté politique sont, pour Swamir than, les clés du développement, mais il faut faire attention car tr vite se posent les problèmes de l’environnement !

Ce modèle, est appelé « rose » parce que les femmes y prenaient la plus grande part et c’est effectivement chez elles que l’on découvre le plus grand dynamisme, du moins dans les pays pauvres. Mais pour que les femmes puissent travailler dans de bonnes conditions faut-il laisser aux hommes la politique, l’administration et l’encadrement ? On retrouve là – et cela touche encore une fois les infrastructures – tous les facteurs négatifs de l’hindouisme. Swaminathan a réussi à découvrir les principaux adjuvants du développement, on ne peut que rendre hommage à sa clairvoyance, sans oublier son efficacité puisqu’il a lancé et réussi l’autonomisation alimentaire du pays. Malheureusement, la liberté de presse, si elle peut faire certaines choses, ne suffira pas à garantir une administration et une politique propres et valables.

 

Vidéo : L’hindouisme : Le modèle « Kérala »

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