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L’islam : Dogme et connaissance – La vision philosophique

Vous êtes ici : » » L’islam : Dogme et connaissance – La vision philosophique ; écrit le: 19 avril 2012 par chiraz

Contrairement à la Bible, le Coran préconise systématiquement l’étude, l’observation, l’usage de la raison. « Ceux qui ont la science et ceux qui ne l’ont pas sont-ils égaux ? Seuls les hommes intelligents sont conscients » (Coran 39, 9). Le Prophète aurait même dit : « L’encre du savant est plus sacrée que le sang du martyre ». Cette recherche de la connaissance ne resta pas théorique car le monde musulman créa dès le IXe siècle la première université du monde qui forma de nombreux et brillants savants aussi bien en astronomie qu’en médecine, en physique qu’en mathématiques. Cet extraordinaire et rapide essor apporta aux contrées musulmanes un développement inégalé en Occident pendant tout le Moyen Age. Mais c’est peut-être l’usage excessif de la raison qui, paradoxalement, allait anéantir la science musulmane.

En effet, rapidement deux conceptions philosophiques s’opposèrent parmi les théologiens musulmans. La première, défendue par les Mutazilites dès le VIIIe siècle, disait que le fondement de la croyance religieuse pouvait être expliqué par la raison et affirmait le principe de la responsabilité individuelle. Cette école militait contre le dogme du Coran incréé, reflet du livre existant de toute éternité dans l’au-delà, et préconisait Y ijtihad, l’exégèse, la recherche individuelle, l’ouverture. Mais au début du Xe siècle, le théologien Ashari, après avoir défendu ces positions ouvertes, changea d’avis et devint ultra conservateur. Il défendit le concept du Coran incréé et nia même l’existence des lois naturelles qu’il considérait comme contraires à la lettre et à l’esprit du Coran. Quand son école triompha au XIIe siècle, Y ijtihad fut remplacé par le taqliq, c’est-à dire la normalisation, l’acceptation passive : personne n’avait le droit d’exercer un raisonnement indépendant en matière de religion. Cette injonction ne visait, a priori, que le domaine religieux mais comme l’islam ne différencie pas le profane du sacré, elle entraîna la fin de tout raisonnement et, en conséquence, de 1: recherche scientifique et des sciences. Un peu plus tard l’Occident chrétien se libérait d’un système de pensée finalement assez semblable et allait, pour son plus grand avantage, reprendre et développer les acquis des sciences musulmanes.

Aujourd’hui la lutte asharites-mutazilites est loin d’être terminée. Elle est même parfois devenue dramatique, notamment en

Algérie où l’on voit les fondamentalistes tuer les intellectuels et brûleries écoles. Et cela dans le but de retrouver un islam originel qui, lui préconisait l’ijtihad, l’ouverture ! Souhaitons que l’islam, «encore jeune, puisse un jour la retrouver pour résoudre les blocages de société qu’il engendre. En attendant certains principes islamiques restent incompatibles avec la dignité humaine et bloquent développement.

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