Ragavidyàràja

> > Ragavidyàràja ; écrit le: 2 février 2012 par Hela modifié le 12 février 2015

Ce Vidyârâja, pratiquement vénéré seulement au Japon, où il se nomme Aizen Myô-ô, est une divinité de l’imprégnation ; c’est le roi de Science magique d’attraction61 ou de l’Amour. « Aizen Myô-ô représente en effet la passion amoureuse telle qu’elle apparaît sublimée dans la perspective de l’ésotérisme : victorieuse d’elle-même, non point par suppression ainsi qu’on l’enseigne d’ordinaire, mais par une plus grande exaltation transmuée en désir de l’Eveil. » Il est parfois identifié à une forme terrible de Vairochana, bien qu’il ne fasse pas partie des cinq grands Vidyârâja, ou encore à Vajrarâja (jap. Kongô-ô Bosatsu). Dans les sectes Shingon et Tendai (où il est parfois tenu pour une divinité secrète, jap. Hibutsu), il représente une force terrible de Vajrasattva (c’est pourquoi, dans ses formes de Vidyârâja, il est armé d’un arc et d’une flèche, attributs caractéristiques de Râgavidyârâja).

Dans le Garbbadhâtu Mandala, il est une des manifestations de Garbhavîra (jap. Kongô Rikishi), le « héros de l’Embryon », lequel est l’un des deux Ni-ô. Il est considéré comme le destructeur des passions et des désirs. Le peuple japonais a tout natu¬rellement adopté ses attributs dans un sens littéral et, malgré son aspect farouche, le considère comme la divinité qui préside à l’amour physique et sentimental (il n’a de commun avec l’Eros de notre mythologie occidentale que l’arc et les flèches). Vénéré tout d’abord par les sectes Shingon et Tendai, la secte de Nichiren l’a par la suite adopté, et le peuple suivit. Les teinturiers le considèrent (peut-être à cause de sa belle teinte rouge) comme leur patron. Il est aussi, dans les doctrines ésotériques, tenu pour être une émanation de Râgavajra (jap. Ai Kongô) et des quatre Bodhisattva acolytes d’Akshobhya dans le Vajradhâtu  Siandala. Comme tel, il est placé à l’est.

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Il est représenté avec un aspect terrible, et de couleur rouge (symbolisant les sueurs de sang de la compassion), avec une tête de lion (symbole de force et des Cinq Grands Bouddha) dans sa coiffure. Il a trois yeux (pour voir les « trois mondes ») et tient un lotus à la main (symbole, entre autres, de l’apaisement des sens). Ses autres attributs sont (comme ceux de l’Éros grec) un arc et des flèches. Il possède deux halos ronds inclus dans une grande « roue ardente » de couleur rouge. Sa bouche entrouverte montre des crocs.

On connaît plusieurs formes de ses représentations. La plus commune le montre avec un seul visage à trois yeux et six bras. Il est alors assis en Padmâsana sur un lotus posé sur un vase jaillissant du col duquel s’échappent joyaux et fleurs. Il est vêtu d’une robe monastique parée de bijoux. Ses bras sont ornés de bracelets. Il tient dans ses mains les attributs de Vajrasattva (vajra à cinq pointes et clochette correspondante), une flèche, un arc, une fleur de lotus, et fait avec la dernière main un poing de sagesse.

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Dans certaines images, on le voit tirant à l’arc, soit sur le côté, soit au-dessus de sa tête, verticalement vers le ciel. En peinture, il tient aussi parfois une tête dans l’une de ses mains gauches et tire à l’arc vers le ciel : on le nomme alors Tenkyû Aizen.

Plus rarement, il est représenté avec deux têtes et deux (ou huit) bras, assis en aise royale. Ses deux têtes représenteraient les aspects masculin et féminin de l’amour : on le nomme alors Ryôtô Aizen.

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Il faut signaler également une représentation tricéphale d’Aizen Myô-ô tirant à l’arc sur le côté : il est monté sur un lion dont les pattes écrasent des serpents, forme qui aurait été introduite au Japon, selon le Hôbôgirin, par Chishô Daishi au IXe siècle.

Aizen Myô-ô est aussi représenté avec ses acolytes sur les Aizen Mandara, lesquels peuvent comporter dix-sept à trente-sept personnages. Lorsque Aizen Myô-ô est assimilé à Kongô-ô Bosatsu, on le représente avec quatre bras, les deux supérieurs tirant à l’arc au-dessus de sa tête, les deux autres tenant un vajra à cinq pointes et la clochette correspondante. Il montre dans ce cas un visage souriant et fronce les sourcils sous une couronne ornée des effigies des Cinq Grands Bouddha. Il est alors de couleur blanche.

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Aizen Myô-ô est toujours vénéré par le peuple japonais, et il est souvent invoqué en rapport avec des demandes concernant l’amour. En dehors de cela, c’est une divinité peu populaire, sauf parmi les artistes, les geisha et toutes les personnes ayant un métier en relation avec les choses de l’amour…

Vidéo: Ragavidyàràja

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