prêtres et rabbins dans le judaïsme

Dans le judaïsme, prêtres et rabbins exercent deux fonctions bien distinctes : les prêtres (kohanim) assuraient le culte du Temple de Jérusalem, tandis que les rabbins sont des maîtres qui étudient et enseignent la Loi. Depuis la destruction du Temple en l’an 70, ce sont les rabbins qui encadrent la vie religieuse des communautés juives.
Les prêtres du Temple
Selon la Bible, le sacerdoce est réservé aux descendants d’Aaron, frère de Moïse, au sein de la tribu de Lévi ; les autres membres de cette tribu, les lévites, assistaient les prêtres dans le service du sanctuaire. La fonction principale des prêtres consistait à offrir les sacrifices au Temple de Jérusalem, considéré comme le lieu de la présence divine. Ils bénissaient aussi le peuple et veillaient aux règles de pureté rituelle. Le grand prêtre était le seul à pénétrer dans le Saint des Saints, une fois par an, le jour de Yom Kippour.
Après la destruction du Temple
En 70, les Romains détruisent le second Temple et le culte sacrificiel cesse. Le sacerdoce perd l’essentiel de sa raison d’être, mais la tradition continue de reconnaître les descendants d’Aaron, identifiés par transmission familiale ; beaucoup portent un nom comme Cohen ou Kahn. Dans le judaïsme orthodoxe, ils conservent quelques prérogatives et obligations :
- prononcer à la synagogue la bénédiction sacerdotale (Nombres 6, 24-26) ;
- être appelés les premiers à la lecture publique de la Torah ;
- officier lors du rachat du premier-né (pidyon haben) ;
- éviter tout contact avec les morts, et donc, en principe, ne pas entrer dans un cimetière.
Les courants réformé et libéral du judaïsme ont, pour la plupart, abandonné ces distinctions, jugées liées au culte du Temple.
Les rabbins, maîtres de la Loi
Le judaïsme repose sur la Torah, la Loi transmise à Moïse, et sur la tradition orale consignée dans le Talmud. Le mot « rabbin » vient de l’hébreu rabbi, « mon maître ». Le rabbin n’est pas un prêtre et n’accomplit pas de sacrement : il est un savant, reconnu pour sa connaissance des textes, qui enseigne, prêche, conseille les fidèles et tranche les questions de loi religieuse. Il préside souvent les offices du shabbat, les mariages et les funérailles, même si la prière collective peut être conduite par tout fidèle compétent. Le rabbin n’est pas tenu au célibat ; il est au contraire encouragé à fonder une famille.
En France, l’organisation consistoriale remonte à Napoléon Ier, qui crée le Consistoire en 1808. Les rabbins y sont formés au Séminaire israélite de France, et le grand rabbin de France est élu par une assemblée représentative des communautés.
Les femmes rabbins
La première femme ordonnée rabbin est l’Allemande Regina Jonas, à Berlin, en 1935 ; elle meurt en déportation pendant la Shoah. Aux États-Unis, Sally Priesand devient en 1972 la première femme rabbin du judaïsme réformé, et Pauline Bebe la première en France, en 1990. Le judaïsme orthodoxe, en revanche, n’ordonne généralement pas de femmes.


vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter