L’Eglise orthodoxe russe

> > L’Eglise orthodoxe russe ; écrit le: 18 avril 2012 par chiraz

La perte de prestige et d’indépendance de l’Eglise byzantine profita pleinement à l’Eglise russe fondée, en l’an 989, par le grand prince Vladimir de Kiev. La « Chronique russe » nous assure que le prince, désireux de choisir la plus belle religion du monde, aurait opté pour l’orthodoxisme suite aux rapports établis par ses enquêteurs sur le judaïsme, l’islam, le catholicisme romain et le catholicisme byzantin. Quoi qu’il en soit, après le sac de Constantinople, les théologiens russes se persuadèrent rapidement que leur Eglise était appelée à remplir le premier rôle dans la chrétienté : « Deux Rome ont succombé, la troisième est debout, et il n’y en aura pas de quatrième » déclare le moine Philotée de Pskov.

Tandis que le patriarche de Constantinople subissait tous les inconvénients d’une soumission au pouvoir politique, l’Église russe s’efforça non pas de s’en détacher, mais au contraire, de fusionner avec lui. En 1721, Pierre le Grand supprime même le patriarcat et le remplace par un synode à minorité épiscopale, dont les membres sont désignés par le tsar : la fusion du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel est complète. Ces liens étroits entre l’État et l’Eglise se maintinrent jusqu’en 1917. Le pouvoir temporel devint alors athée et l’Eglise russe, trop compromise par ses liens séculaires avec le tsarisme, en subit directement les conséquences : de nombreuses églises furent fermées, les campagnes antireligieuses se multiplièrent et les fidèles furent souvent réduits à cacher leurs convictions. Cette situation perdurera pendant plus de soixante-dix ans, jusqu’à la chute du régime communiste. Pendant toute cette période, l’Eglise russe chercha désespérément le meilleur moyen de survivre à cette déferlante athée. Les ecclésiastiques se divisèrent quant aux moyens à adopter : certains créèrent des Eglises « rénovées » et collaboratrices, tandis que d’autres entrèrent dans la clandestinité ou émigrèrent. Les persécutions furent particulièrement, violentes jusqu’à la guerre contre l’Allemagne (1941-1945) : Staline changea alors radicalement sa politique antireligieuse afin de créer l’union sacrée face au danger et d’attirer la bienveillance de ses nouveaux alliés anglo-saxons. Sous un strict contrôle étatique, les églises ouvertes passèrent de 4200 à 22000. Mais, sans doute inquiets du succès permanent de la religion, les dirigeants prirent de nouvelles mesures restrictives à partir des années soixante et le nombre d’églises ouvertes fut ramené à 7500. Malgré tous les efforts de l’État athée, en 1987, des millions d’orthodoxes étaient encore prêts à reconquérir le pouvoir.

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