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La chine : l’évolution historique du confucianisme

Vous êtes ici : » » La chine : l’évolution historique du confucianisme ; écrit le: 14 avril 2012 par chiraz

La chine : l'évolution historique du confucianismeDès la mort de Confucius (en 479 av. J.-C.), sa doctrine fut violemment critiquée aussi bien par les taoïstes que par des penseurs aussi brillants que Mozi qui voyait en lui « un ennemi du genre humain, négligeant de former le peuple ». Arriva ensuite Mencius, (370-290) brillant philosophe et écrivain, qui approfondit et renouvela quelque peu la doctrine du Maître. Alors que celui-ci insistait sur la primauté de l’éthique, de la morale, Mencius estima que ventre affamé n’a pas d’oreilles et qu’un bon gouvernement doit offrir à ses gouvernés les moyens de se bien nourrir. Aussi tenta-t-il de développer une économie rationnelle, en combinant notamment terres privées et collectives : « Huit champs privés enveloppent un champ public ; chaque famille de la communauté cultive à son profit le champ privé qui lui est alloué, et participe à la mise en valeur du champ public dont le prince perçoit les revenus ».

En opposition à Mencius qui croyait en la bonté naturelle de l’homme, le très contesté et très érudit Xunzi (300-237) voyait plutôt en chaque humain un pervers potentiel qu’il convenait d’éduquer et de contraindre au bien. Sous son influence le confucianisme devint un système rigide assez coercitif, essayant non plus de gouverner par les rites, par l’exemple et la persuasion mais plutôt par les codes et la menace de lourdes sanctions. Arriva alors au pouvoir le roi Qin (221-210) très autoritaire, qui demanda aux lettrés confucéens ce qu’ils pensaient de son autoritarisme. L’un d’eux ayant eu le courage de lui répondre par une réplique typiquement confucéenne : « Si tyrannique que soit le gouvernement, le lettré ne change point ses principes », le roi fit brûler tous les écrits confucianistes et enterrer vifs quatre cent soixante lettrés confucéens, ces livres vivants ayant de plus l’outrecuidance de critiquer. Cette tentative d’étouffement fut d’ailleurs sans lendemain car, quelques siècles après ses débuts, le confucianisme fut intégré à l’orthodoxie officielle sous le règne de l’empereur Han Wudi (140-87) qui eut ainsi dans l’empire céleste le rôle de Constantin dans l’empire chrétien.



C’est à cette époque que le philosophe Dong Zhongshu élabora un système d’éducation aussi remarquable qu’efficace et instaura, dès l’an 134 avant J.-C., des examens pour le recrutement des fonctionnaires. Ces énarques eurent dès lors une importance prépon

dérante dans les rouages de l’administration chinoise, parfois pour le plus grand bien des administrés mais parfois aussi pour leur plus grand malheur. En effet le loyalisme confucéen engendrait aussi bien une soumission passive que de nombreux abus de pouvoir. Au cours des siècles suivants, se forma une véritable « religion » d’Etat dotée d’une théologie qui éleva même Confucius au niveau de fils d’un dieu : le Maître est canonisé, des temples sont élevés pour le célébrer mais sa doctrine perd son âme et sa vitalité. Elle se trouve alors directement concurrencée et influencée par le taoïsme et le bouddhisme et ne reprendra vigueur que sous une nouvelle forme au XIIe siècle.

Dès le Xe siècle des penseurs voulurent réinterpréter la pensée du Maître en se basant sur l’apport bouddhique un peu à la façon dont les scolastiques réinterprétèrent la doctrine chrétienne en fonction de la philosophie grecque. Sous leur influence, ce néoconfucianisme s’orienta vers des questions beaucoup plus métaphysiques et spirituelles, notamment en intégrant des concepts bouddhiques et taoïstes. Le plus remarquable penseur de cette école, Zhu Xi (1130-1200) écrivit des commentaires des classiques confucéens qui trouvèrent place dans le programme des examens pour fonctionnaires et, par ce biais, sa philosophie devint la nouvelle orthodoxie qui s’imposa jusqu’en 1905, date ou les dits examens furent supprimés. C’est ce néoconfucianisme que découvrirent d’abord les Jésuites en Chine au XVIe siècle puis, par leur intermédiaire, les intellectuels de l’Europe alors en pleine « lumière ». Ceux-ci furent très impressionnés de découvrir qu’existait à l’autre bout de la planète une méthode de gouvernement basée sur des « énarques » choisis non pas en fonction de leur rang social mais bien d’après leurs connaissances, leurs qualités et leurs mérites.

Pourtant cette pensée si moderne fut souvent accusée de tous les maux et notamment d’empêcher l’évolution, le changement et donc le développement. Il faut reconnaître qu’elle fut souvent déformée par des tyrans qui s’en servirent dans leur seul intérêt immédiat, insistant uniquement sur l’obéissance que leur devaient leurs sujets, mais oubliant délibérément l’obligation de gouverner suivant les impératifs du Ren.

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