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Le statut de la femme dans l’islam

Vous êtes ici : » » Le statut de la femme dans l’islam ; écrit le: 19 avril 2012 par chiraz modifié le 11 octobre 2018

« L’islam n’est pas le seul facteur de la répression de la femme musulmane ; mais il en constitue sans aucun doute une cause fondamentale, et demeure un obstacle majeur à l’évolution de ce situation » nous dit Ghassan Ascha (1989) dans son livre intitulé statut inférieur de la femme en Islam. Le Coran est formel : « I hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence q Dieu leur a accordée sur elles, et à cause des dépenses qu’ils font pour assurer leur entretien » (4, 34). Cette justification de la supériorité de l’homme sur la femme par ses capacités à l’entretenir assez choquante comme le fait remarquer Orlando De Rud( (1989) : Allah défendrait-il la ploutocratie ? Justifierai t-il le pouvoir par l’avoir ?

Ces versets coraniques ne sont pas les seuls  loin de là à proclamer l’infériorité de la femme par rapport à l’homme. Dès l’origine, comme dans la Genèse, la femme a été créée à partir l’homme (4, 1) et, pour des raisons non précisées mais sans do liées à ses menstruations, celle-ci reste un être impur : « … Si vous avez touché des femmes et que vous ne trouvez pas d’eau, recourez à du bon sable que vous vous passerez sur le visage et sur les main (4, 43). Car « un garçon n’est pas semblable à une fille » (3, 3i « Dieu se serait-il donné des filles parmi les êtres qu’il a créés al que, pour vous, il aurait choisi des fils ? » (18, 16). Non Dieu ne se serait jamais donné une fille, cet être « qui grandit parmi les colifichets et qui discute sans raisons » (18, 8).

En matière de sexualité l’inégalité est aussi la règle comme précise Zaki Addin Shaaban : « La jouissance qui est la raison d’i du contrat de mariage est réservée exclusivement à l’homme Quant à la femme, il importe de signaler que son époux ne appartient pas en propre, car l’homme a le droit de jouir d’autres femmes qu’elles » (in Ascha, 1989). Allah accorde en effet l’homme la possibilité d’avoir un nombre illimité de femme « Epousez comme il vous plaira, deux, trois ou quatre femmes.  si vous craignez de n’être pas équitables, prenez une seule femme ou vos captives de guerre » (4, 3). Allah sait pourtant que « Vous pouvez être parfaitement équitables à l’égard de chacune de femmes, même si vous en avez le désir » (4, 129). Ces deux ver combinés laissent aux exégètes le loisir de décréter tantôt que la

polygamie est autorisée, tantôt qu’elle est interdite. Pour le Prophète, Allah a bien précisé, afin qu’il ne « ressente aucune gène », qu’il n’était pas tenu à traiter d’une manière parfaitement égale ses neuf épouses : « Il n’y a pas de reproche à te faire si tu fais attendre celle d’entre elles que tu voudras » (33, 51). Prouvant la totale dépendance de la femme, le contrat de mariage n’est pas un acte passé entre un homme et une femme mais entre deux hommes : entre le futur époux et le tuteur (en général le père) de la future épouse. Le contrat certifie que la jeune fille est toujours vierge. Sinon le prix de la dote sera nettement diminué. Ce contrat peut facilement être rompu unilatéralement par l’homme.

L’inégalité entre hommes et femmes est flagrante en matière de témoignage : « demandez le témoignage de deux témoins parmi vos hommes. Si vous ne trouvez pas deux hommes, choisissez un homme et deux femmes » (2, 282). L’inégalité est aussi bien connue en matière d’héritage ; l’islam favorise les héritiers du côté paternel et les mâles : « Quant à vos enfants, Dieu vous ordonne d’attribuer au garçon une part égale à celle de deux filles » (4, 11). Enfin un verset concernant le prix du sang rappelle que, décidément, une femme ne vaut pas un homme : « O vous qui croyez ! La loi du talion vous est prescrite en cas de meurtre : l’homme libre pour l’homme libre ; l’esclave pour l’esclave ; la femme pour la femme » (2, 178). Curieusement la femme vient même après l’esclave.



Dans un mariage musulman, seule la femme peut-être « indocile ». L’homme, comme chacun sait, n’est jamais colérique, hargneux, brutal. Par conséquent le Coran ne prévoit rien à son encontre mais il indique les moyens d’éviter que les femmes ne succombent à la tentation de l’infidélité : « Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité, reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les ! Mais ne leur cherchez plus querelle si elles vous obéissent » (4, 34). Les ulémas, à défaut de pouvoir nier la réalité de ce verset, se sont évertués à échafauder des justifications prouvant le bien fondé de ce divin décret. Pour eux les femmes sont vertueuses, c’est-à-dire obéissantes à leurs époux ou elles ne le sont pas. Dans ce cas le mari doit remettre l’épouse dans le droit chemin, par l’avertissement d’abord et si nécessaire par le châtiment corporel. Dans leur grande bonté les ulémas ont codifié ce châtiment afin qu’il reste « modéré ».

Et que se passe-t-il si le mari n’est pas « vertueux » ? « Quand une femme redoute l’abandon ou l’indifférence de son mari, nul péché ne leur sera imputé s’ils se réconcilient vraiment, car la réconciliation est un bien » (4, 128). Mais il n’est pas conseillé à la femme d’utiliser le châtiment corporel ! Au contraire, les théologiens

recommandent aux femmes rencontrant des difficultés avec mari violent, par exemple, de faire des concessions… Bref  la femme susceptible d’être coupable mérite des coups ; non coupable, doit faire des concessions.

Un verset a, peut-être plus qu’aucun autre, été déterminant le caractère particulier du monde musulman et a soulevé des polémiques interminables en France même ; c’est celui qui concerne le voile : « O Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femme Croyants de serrer sur elles leurs voiles ! Cela sera le plus simple moyen qu’elles soient reconnues et qu’elles ne soient point offensées. Dieu est absoluteur et miséricordieux » (33, 59). Le i même de ce verset donne matière à commentaire, à interpréta et à divagation. La coutume du voile ne rencontra aucune option jusqu’à la fin du XIXe siècle lorsque, à la grande fureur ulémas, les femmes commencèrent à s’émanciper. Aujourd’hui ulémas en sont encore à discuter, à partir de hadith évidement contradictoires, de savoir si les femmes peuvent montrer en p leur visage, leurs cheveux, leurs mains, ou leurs talons !

Ce problème du voile est étroitement lié à celui de la réclusion de la femme au foyer : « Restez dans vos maisons, ne vous mo pas dans vos atours comme le faisaient les femmes au temps de l’ancienne ignorance ! » (33, 33). Ce verset ne concerne, suivant le contexte coranique, que les femmes du Prophète. Mais certain mas affirment que le verset s’applique à toutes les musulmanes. dès lors ils ont fixé eux-mêmes les conditions pour qu’une femme  puisse quitter son foyer-prison :

    Elle peut sortir de chez elle par besoin et non par divertissement ;

La sortie doit être autorisée par l’époux ;

La femme doit voiler tout son corps y compris son visage;

Elle ne doit pas marcher au milieu de la rue parmi hommes ;

Elle ne peut donner la main aux hommes ;

Etc.

Ces ulémas ont évidemment aussi interdit le parfum maquillage, la perruque en se basant sur différents hadith c docteur Al Kordi commente- en 1980 – en disant : « Ces textes posent l’interdiction de toutes sortes de maquillages susceptibles travestir la nature de la création divine de la femme… » (Sagesse ! Mais ce même docteur Al Kordi ne voit aucun inconvénient à la mutilation des organes génitaux de la femme, telle l’excision du clitoris. Pour lui cette mutilation ne semble pas « tr; la nature de la création divine ». Il s’agit au contraire d’une pratique

pieuse à encourager : « c’est pour rendre la chose plus facile à faire pour elle et la rendre plus attrayante auprès de son mari » (Al Kordi, cité par Ascha, 1989).

Toutes ces contraintes religieuses ont suscité peu de réactions de la part des femmes et bien sûr des hommes pendant douze siècles. Elles ne commencèrent à poser question qu’avec le choc de la modernité et les profonds changements que celle-ci entraîna dans la société. Ainsi l’enfermement de la femme pose de graves problèmes théologiques pour sa scolarisation : peut-elle sortir de chez elle pour fréquenter l’école ? Peut-elle, doit-elle être instruite ?

Lorsqu’au XIXe siècle, quelques audacieux se prononcèrent en faveur d’une scolarisation – limitée — des jeunes filles, les ulémas s’y opposèrent violemment affirmant que la scolarisation de la femme « viciait sa morale et sa foi ». Puis lorsque les religieux s’aperçurent qu’il leur était impossible d’arrêter l’éducation et l’émancipation féminine, ils s’efforcèrent de montrer que l’islam était tout à fait favorable à l’éducation de la femme bien qu’évidemment aucun verset coranique n’aborde ce problème absent de la période prophétique.

L’éducation de la femme admise, les problèmes théologiques afférents se multiplièrent : que lui enseigner ? Comment lui enseigner ? A la maison d’où elle ne devrait jamais sortir ou à l’école ? Les réponses furent évidemment diverses, confuses et dans beaucoup de pays le problème est loin d’être définitivement tranché. Globalement les ulémas estiment que, oui, la femme a droit à la scolarisation, mais que celle-ci doit être avant tout religieuse — pour qu’elle soit bien pénétrée de ses devoirs envers les hommes – et orientée vers les travaux de l’épouse et de la mère de famille. Bref, la femme ne peut sortir du foyer familial que pour recevoir une éducation qui l’y renfermera définitivement. La crainte des religieux musulmans, c’est en effet que la femme instruite devienne « indépendante » de l’homme. Comment va-t-elle utiliser ses nouvelles connaissances : en quittant son foyer et en se mettant au travail à l’égal de l’homme ? Va-t-elle disposer d’un salaire et dès lors d’une totale autonomie ? Mais ceci bouleverserait – bouleverse – complètement la société musulmane basée sur la totale dépendance de la femme. Allah lui-même n’a-t-il pas proclamé qu’il préférait les hommes notamment parce qu’ils entretenaient leurs femmes (4, 34) ?

Les ulémas ont abordé ce problème ardu en disant tout et son contraire. Le plus souvent ils affirment solennellement que l’islam est tout à fait favorable au travail des femmes mais s’empresse de mettre à ce travail tellement de conditions qu’il le limite à celui de la femme au foyer ; ainsi la boucle est bouclée. Et ces penseurs de révéler, sans doute à leur corps défendant, une autre motivation

profonde de leur farouche opposition au travail normal des femmes parmi la communauté humaine. Sayed Qotb, le théoricien d Frères musulmans déjà cité, est clair : « C’est une exploitation (l’instinct sexuel des clients. […] Chacun de ces employeurs sait 1 raisons pour lesquelles il emploie la femme et par quels moye: celle-ci réussit dans ces domaines et quel prix elle paie pour cela Comme le dit Ghassan Ascha (1989) qui cite ce texte : « Tout passe comme si la femme n’était aux yeux de ces penseurs qu’une simple quantité de viande vivante sans la moindre volonté, menacée d’être happée à chaque instant. Comme si elle n’était qu’une simple phénomène charnel isolé de la société, n’ayant aucune influence susceptible d’éprouver des émotions à travers la dynamique sociale les valeurs, les morales et les données changeantes du char social ».

Evidemment « le deuxième sexe » ne peut jouir de la capacité d’un homme : dans la plupart des états islamiques la femme reste mineure à vie. Cette condition résulte davantage du contexte coranique et de nombreux hadith que de quelques versets précis. Suivant la charia – à ne pas confondre avec les lois civiles qui parfois ne la respectent pas – la femme doit toujours être dépendante d’ mâle : père, tuteur ou mari. Elle n’a pas la « capacité » d’être cl d’Etat, juge, imam, wali…

Cette infériorité de la femme si permanente, si constante n’ pas spécifique à la religion islamique ; elle se retrouve dans pratiquement toutes les religions : un grand pape du XXe siècle n’a pas « définitivement » interdit l’ordination des femmes ? Toutefois en général, les religions s’efforcent d’atténuer les discriminations existant entre les sexes tandis que l’islam, sous l’influence de l’intégrisme, aurait tendance à les accentuer à l’exemple des talibans Afghanistan. La Chine avait trouvé un moyen efficace pour « 1 der » la femme en lui bandant les pieds. L’islam a trouvé un moi plus subtil en l’enfermant dans des voiles tant physiques que th logiques.

Quelles sont les implications pratiques de tous ces préceptes islamiques sur la vie courante des femmes musulmanes ? Elles sont i prégnantes et constituent, bien sûr, un frein au développement mais aussi une grande difficulté à vivre. Voici un bref témoignage de la vie « normale » d’une femme vivant non pas dans la misogyne Arabie Saoudite mais au Maroc beaucoup plus ouvert et tolérant.

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