Les juifs messianiques

Les juifs messianiques sont des personnes, le plus souvent d’origine juive, qui reconnaissent Jésus, qu’ils appellent de son nom hébreu Yeshoua, comme le Messie annoncé par la Bible hébraïque, tout en conservant des pratiques et une identité juives. Apparu sous sa forme actuelle aux États-Unis dans les années 1960 et 1970, le judaïsme messianique se situe à la frontière du judaïsme et du christianisme évangélique.
Croyances et pratiques
Sur le plan doctrinal, la plupart des communautés messianiques partagent les grandes convictions du protestantisme évangélique : divinité de Jésus, salut par la foi en lui, autorité de l’Ancien et du Nouveau Testament. Elles se distinguent par leur attachement aux formes de la vie juive. Le culte a lieu le plus souvent le vendredi soir ou le samedi, jour du shabbat ; on y emploie l’hébreu, on lit la Torah et l’on célèbre les fêtes juives, comme Pessah, Souccot ou Yom Kippour, souvent relues à la lumière de la foi en Jésus. Les lieux de réunion sont appelés « congrégations » ou « synagogues messianiques ».
Une histoire récente aux racines anciennes
Les premiers disciples de Jésus étaient juifs, et les historiens parlent de judéo-christianisme pour désigner les communautés juives qui le suivaient aux premiers siècles. Ces groupes ont disparu dans l’Antiquité tardive, et les juifs messianiques modernes n’en descendent pas directement, même s’ils s’en réclament souvent.
Le mouvement contemporain est issu du courant des « chrétiens hébreux », né au XIXe siècle, notamment en Grande-Bretagne et aux États-Unis, parmi des juifs convertis au protestantisme qui souhaitaient garder un lien avec leur peuple. En 1915 est fondée l’Hebrew Christian Alliance of America, qui prend en 1975 le nom de Messianic Jewish Alliance of America. Les années 1960 et 1970 voient l’essor de l’expression « juif messianique » et la naissance d’organisations missionnaires comme Jews for Jesus, fondée en 1973 par Moishe Rosen.
Une position contestée
Le judaïsme messianique est rejeté par l’ensemble des courants du judaïsme, orthodoxe, massorti ou libéral, pour qui la reconnaissance de Jésus comme Messie place ses adeptes hors du judaïsme. Les autorités juives critiquent aussi les efforts missionnaires de certains groupes en direction des juifs. En Israël, la Cour suprême a jugé en 1989 que les juifs messianiques ne pouvaient pas bénéficier de la loi du retour au titre de juifs, au motif qu’ils appartiennent à une autre religion.
Du côté chrétien, les Églises évangéliques les accueillent généralement comme des frères dans la foi, tandis que d’autres Églises restent plus réservées sur leur démarche.
Un mouvement minoritaire
Le judaïsme messianique est numériquement modeste, et les estimations de ses effectifs varient fortement selon les sources. Il est surtout présent aux États-Unis et en Israël, avec des communautés dans d’autres pays, notamment en Europe, en Amérique latine et dans l’ancienne Union soviétique. Toutes ses congrégations ne se ressemblent pas : certaines sont proches des Églises évangéliques classiques, d’autres poussent plus loin l’observance des règles alimentaires et du calendrier juifs.


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