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L’Opus Dei

Vous êtes ici : » » L’Opus Dei ; écrit le: 16 janvier 2012 par mariouma

L’Opus Dei1 est parfois imaginé comme une émanation occulte de l’Eglise catholique à qui serait confiée une mission discrète dans les domaines politique et économique. L’origine de cette réputation tient peut-être au fait que trois membres de l’Opus Dei se sont, un moment, trouvé appartenir à un gouvernement espagnol du temps du régime franquiste. Il s’agit là plutôt, semble-t-il, d’une conséquence malencontreuse de la liberté totale des membres de l’Opus Dei en matière d’activités non spirituelles.
En réalité, l’Opus Dei est une création originale qui contraste vivement avec les autres organisations catholiques existant auparavant. Sa jeunesse ne permet pas encore d’imaginer l’importance que l’institution pourra prendre ni toutes les difficultés qu’elle devra affronter.

C’est un prêtre espagnol de 26 ans, Josémaria Escrivâ de Balaguer qui, après avoir longtemps cherché sa voie par la prière, eut, en 1928, l’idée précise de ce que Dieu attendait de lui : la mise sur pied d’une institution permettant aux chrétiens de vivre leur vie professionnelle et familiale dans les meilleures conditions d’accession à la sainteté. Ainsi conçu, l’Opus Dei se rapproche de l’Eglise primitive dans laquelle les chrétiens vivaient leurs croyances sans chercher à s’isoler du monde.

L’organisation de l’Eglise qui prévalait depuis de nombreux siècles ne comportait pas de cadre juridique adapté aux objectifs de l’Opus Dei. C’est le concile de Vatican II qui dégagea pour la première fois une conception moderne de la laïcité, compatible avec la spiritualité de l’Opus Dei. Aussi, en 1982 l’Opus Dei fut érigé en « prélature personnelle », forme juridique nouvelle créée par le concile en 1965, mieux conforme aux buts du fondateur que l’ancienne structure d’institut séculier de droit pontifical adoptée dès 1947.

En 2004, les membres de l’Opus Dei sont au nombre d’environ 82 000 laïcs et de 1 800 prêtres qui représentent près de 90 nationalités différentes et travaillent dans 50 pays. Les laïcs sont hommes et femmes en égale proportion, quant aux prêtres, ils sont tous d’anciens membres laïcs de l’institution. Ainsi, l’Opus Dei secrète ses propres prêtres et ne fait pas appel au clergé séculier ou régulier. Ces prêtres sont tous membres de la Société de la Sainte-Croix qui est leur association au sein de l’Opus Dei ; les prêtres en service normal, dans une paroisse par exemple, peuvent également y adhé-rer, ce qui leur permet de bénéficier de l’expérience de l’Opus Dei dans l’apostolat des laïcs.
A la tête de l’Opus Dei est placé un prélat, élu à vie par les membres, qui doit être membre de l’institution et prêtre depuis plus de cinq ans ; actuellement, c’est l’ancien collaborateur direct du fondateur, un Espagnol, Xavier Echevarria.
Le travail de l’Opus Dei est avant tout de nature spirituelle : ses membres prennent l’engagement quasicontractuel de rechercher la sainteté grâce à un effort de formation religieuse, une vie spirituelle intense, la pratique de l’ascétisme et de l’apostolat ; leur « plan de vie spirituelle » comprend quotidiennement l’assistance à la messe et la communion, une heure de prière personnelle, des lectures religieuses, la récitation du chapelet et la pratique de l’examen de conscience, à quoi s’ajoute une récollection mensuelle et une retraite annuelle de quelques jours. En outre, les membres participent, en fonction de leurs capacités et de leur disponibilité, a des œuvres collectives variées d’enseignement, d’assistance ou de promotion humaine : centres de formation professionnelle en Italie et en Amérique latine, assistance technique rurale au Pérou, centres éducatifs au Kenya et au Nigéria, résidences d’étudiants en Australie,
université en Espagne, centre de promotion de la femme au Mexique, centre linguistique au Japon, école technique hôtelière dans l’Aisne en France, etc. De telles activités sont propres à l’institution elle-même, elles n’interfèrent pas avec celles que les membres pratiquent au titre de leur profession. L’éventail social et professionnel de l’Opus Dei apparaît très ouvert, il comporte aussi bien des ouvriers et des petits commerçants que des cadres supérieurs, des officiers, etc. Les membres ne paient pas de cotisation mais versent ce qu’ils veulent à l’institution selon leur générosité qui est aussi grande que leur motivation.
On peut entrer à l’Opus Dei dès 18 ans, mais il n’y a pas de limite d’âge supérieure. La rigueur des engagements pris par les postulants rend l’admission assez sélective. En revanche, on peut quitter l’institution sans formalité.

Les membres portent les noms un peu déroutants de « numé¬raires », prêtres et laïcs qui vivent en célibataires dans les centres de l’Œuvre, d’« agrégés » qui vivent en célibataires en restant au sein de leur famille, de « surnuméraires », célibataires ou mariés qui participent à la vie de l’institution dans la limite de leurs obligations familiales et professionnelles, et enfin de « coopérateurs », parfois non-catholiques ou non-chrétiens, qui aident occasionnellement l’institution.
Les rapports de l’Opus Dei avec les structures traditionnelles de l’Eglise catholique sont empreints de prudence : l’Œuvre ne s’installe dans un diocèse qu’avec l’accord explicite de l’évêque1 et ses membres, prêtres ou laïcs, sont encouragés à ne pas faire « bande à part », mais à participer de leur mieux à la vie religieuse dudit diocèse. C’est le même souci de non-concurrence avec l’Eglise en place qui existe, comme on l’a vu, dans le recrutement des prêtres de l’institution.
Ainsi l’Opus Dei, qui intrigue par sa discrétion, apparaît assez remarquable par la motivation spirituelle et l’encadrement qu’il procure à ses membres tout en leur laissant une grande initiative d’action dans leur environnement social et professionnel. Cette responsabilisation personnelle s’accompagne naturellement d’un optimisme, d’un amour du monde communicatifs et d’un rayonnement spirituel évident. Ceci contraste avec l’extrême sérieux avec lequel chaque membre travaille, dans l’institution et en dehors d’elle, suivant l’austère mot d’ordre de son fondateur : « sanctifier le travail, se sanctifier dans le travail, se sanctifier par le travail ».



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