Mort et resurrection

> > Mort et resurrection ; écrit le: 23 janvier 2012 par mariouma

La hantise de la disparition totale dans la mort est difficile à supporter. La vanité humaine a tout inventé pour qu’au moins survive notre souvenir : laisser une famille, une œuvre, un héritage, est une forme de cet instinct. Mais photos ou statues, monuments funéraires ou embaumement du cadavre, ne sont que de piètres palliatifs à l’angoisse du grand départ sans retour.
L’espoir d’une autre vie constitue le remède le plus séduisant à nos frayeurs. L’homme se serait donc ainsi construit des mythes de vie éternelle, de résurrection, dont il aurait fait profiter ses dieux par priorité.
La consolation d’imaginer ces êtres surnaturels triomphant de la fatalité de la mort s’associe naturellement à la religion, le culte rendu aux dieux permettant d’espérer partager un jour leur privilège d’immortalité.
L’observation de la nature où la vie se retire pendant l’hiver pour reparaître au printemps, la course du soleil lui-même qui monte au zénith puis disparaît jusqu’au lendemain, la croissance et la décroissance de la lune, le caractère cyclique de toute vie laisse à penser par analogie que nous connaîtrons aussi quelque renaissance : la vie de certains dieux de l’Antiquité est, pour une bonne part, le symbole de cet éternel renouveau.
Ainsi, le mythe grec d’Adonis et, antérieurement, celui de Tammouz chez les Akkaniens, celui de Baal chez les Phéniciens ou d’Osiris chez les Egyptiens comportent-ils tous la mort et la résurrection du Dieu. La parenté de certains de ces mythes entre eux est d’ailleurs vraisemblable.
Dans l’hindouisme, le caractère cyclique de toute vie est une croyance fondamentale : la mort n’est que la condition d’une renaissance. L’univers lui-même est une suite de cycles comparés à la respiration du dieu-créateur Brahma qui exhale le monde et l’aspire à nouveau en son sein.

D’une façon ou d’une autre, toutes les formes de religion imaginent Plus ou moins clairement une autre vie que celle que nous connaissons : des esprits, des anges, des ancêtres divinisés, de telle sorte que la mort apparaît plus comme un passage qu’une fin.
Cependant les religions révélées ont un message plus précis : elles promettent la résurrection, non seulement de notre esprit mais de notre corps. La croyance en cette résurrection est si fondamentale que, san* elle, les religions révélées s’effondreraient.
Pourtant les apparences conduiraient à rejeter, comme le font les incroyants, une hypothèse aussi invraisemblable. Comment un corps dis. paru en fumée ou décomposé en terre pourrait-il reprendre forme ? De quel corps s’agira-t-il : du corps délabré de notre vieillesse ou d’un autre corps qui ne serait plus tout à fait nous-mêmes ? Et surtout, à quoi ce corps nous servira-t-il : dans quel monde vivrons-nous et quelles activités aurons-nous ?
Le gouffre insondable sur lequel s’ouvrent ces questions n’encourage pas à accepter d’emblée l’hypothèse de la résurrection. On peut même se demander comment on peut encore la formuler dans un monde de rationalité.
Apparemment toutefois, la chute de la pratique religieuse dans les sociétés industrialisées n’a pas affecté la croyance en la vie après la mort. Sur quoi donc se fonde une conviction aussi tenace ?
Deux indices peuvent fournir un début d’explication.
Le premier consiste dans le fait même que cette croyance existe. Notre cerveau est programmé de telle sorte que l’espoir d’une vie éternelle subsiste en nous, même si notre raison refoule cette idée apparemment folle. On peut cependant objecter que cet espoir n’est qu’un sous-produit de l’instinct de conservation et de survie1.
Le deuxième indice repose sur l’expérience de ceux qui sont passés tout près de la mort. Les témoignages semblent converger : bon nombre d’entre eux ont ressenti une grande paix accompagnée d’une lumière étrange et douce qui les accueillait. Plus curieusement, certains ont eu la sensation de quitter leur corps et de le voir comme un spectateur exté¬rieur2. Rien n’oblige à donner foi à des témoignages de personnes dont l’état physique était, au moment des faits, peu propice à une observation sereine de la réalité.
En fait, le seul exemple sérieusement attesté que l’Histoire ait connu d’un ressuscité qui se soit manifesté avec un corps « de l’autre monde » est celui de Jésus-Christ3. C’est dire l’importance primordiale que prête  pour l’humanité l’acceptation ou la récusation des témoignages de
Jette résurrection.
cependant, quelles que soient leurs croyances, toutes les religions ne sacrent au mystérieux passage de la mort des rites qui sont porteurs de l’espoir d’une autre vie.

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