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Protestantisme et développement

Vous êtes ici : » » Protestantisme et développement ; écrit le: 16 avril 2012 par chiraz

Protestantisme et développementActuellement, il n’y a plus, dans la plupart des protestantismes, de préceptes religieux intervenant directement sur l’économie depuis que Calvin a levé l’antique condamnation du prêt à intérêt. Nous avons vu, avec le judaïsme, combien l’usure avait joué un rôle important dans l’histoire des relations entre les peuples issus des trois monothéismes et comment il avait permis à de nombreux juifs, non soumis vis à vis des étrangers à ce précepte, de bien s’insérer dans l’économie triomphante de ces derniers siècles. Dans le cas des protestants, ce qu’il convient de retenir, et qui est aussi important que la levée de l’interdit du prêt à intérêt lui-même, c’est précisément le fait qu’un penseur intègre comme Calvin ait osé lever le tabou. En effet cela témoigne qu’un changement déterminant s’était déjà opéré dans sa mentalité chrétienne : il osait « protester » contre le dogme officiel. Nous verrons en effet avec l’étude du catholicisme, combien Rome s’est acharnée sur ce malheureux prêt à intérêt qui est pourtant la base de toute l’économie moderne.

Ce qui a décidé Calvin — et non Luther – a déclarer licite « l’argent né de l’argent », c’est son pragmatisme et le fait qu’il en ait constaté la nécessité. Il vivait en effet à Genève, grande place marchande où les « prêteurs » bénéficiaient, de la part de l’Eglise, de garanties spéciales pour exercer leurs dangereux métiers. Sur le fond Calvin ne veut pas – ou n’ose pas – changer d’avis : l’usure est pour lui mauvaise mais malheureusement nécessaire. Et il l’explique longuement avant de réinterpréter les Ecritures où il remarque avec justesse que la société du XVIe siècle est fort différente de celle du Deutéronome… Son interprétation des Écritures est fondamentale pour comprendre ce qui le différencie de l’Eglise officielle : l’Ecriture ne demande pas, selon lui, une soumission passive mais bien une interprétation dynamique apte à régler les problèmes moraux et sociaux de l’époque. Tout doucement l’homme se libère du carcan scriptural et scripturaire.



Le résultat pratique de la levée de l’interdit du prêt à intérêt donna l’occasion aux protestants, à l’instar des Juifs, de s’occuper activement des finances et de créer quelques unes des banques les plus importantes et les plus prospères de l’époque.

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