Vivre de le mysticisme

> > Vivre de le mysticisme ; écrit le: 19 janvier 2012 par mariouma

Puisque Dieu est le créateur par excellence, nous vivons de Lui, physiquement, dès la naissance. Nos parents et la longue chaîne de l’évolution ne sont que des intermédiaires. Nous n’avons d’existence indépendante que grâce à la liberté que Dieu nous donne. Le seul vrai problème de l’existence est de savoir quel usage nous devons faire de cette liberté.
Pour celui qui croit que le don de la liberté est une des preuves que Dieu est Amour, le choix consiste à répondre le mieux possible à cet amour. Les trois grandes religions monothéistes – judaïsme, christianisme et Islam  s’accordent sur cette position, aux différences de sensibilité près.
Pratiquement, pour vivre de Dieu, le croyant doit maintenir un contact constant avec Lui par la prière. Nous verrons bientôt comment s’exprime cette prière dans diverses religions. Quelle que soit sa forme, la prière est sous-tendue par une attitude de confiance : le croyant sait que Dieu ne l’abandonnera pas et que les différentes péripéties de la vie ne sont que des occasions de rendre à Dieu une part de l’amour reçu de Lui.
L’homme ne pourra jamais, bien sûr, donner à Dieu un amour à Sa mesure, mais Dieu le sait et n’attend de l’homme que l’amour dont il est capable.
La première preuve d’amour à donner, semble-t-il, est la reconnaissance. On imagine mal comment l’amour pourrait s’accommoder de limitations du style : « mon Dieu, je vous aime bien, mais vous pourriez en faire un peu plus, cela me permettrait de vous aimer davantage ». On sent bien à quel point un tel langage est un marchandage, à l’opposé de la spontanéité d’un amour vrai. Quand on reçoit un cadeau, les remerciements concernent le geste dont on bénéficie et non la valeur de ce qu’on reçoit, sinon ce ne sont plus des remerciements, c’est du troc.
Aimer, c’est aussi rechercher la présence de l’être aimé. Trop de gens se comportent avec Dieu en fonction du principe : «je t’aime encore mieux quand tu n’es pas là ». Dieu n’estjamais lointain, mais II est discret. Sa présence n’est pas encombrante : si vous ne voulez pas Le voir, vous ne le verrez pas mais si vous Le cherchez, Il est là, même si vous n’en avez pas la claire perception.
Les mystiques, eux, vivent de Dieu en plénitude. De ce fait, leur approche du divin est plus sensible que rationnelle, car la raison ne leur donnerait pas assez d’élan. Les mystiques vivent pour Dieu un amour passion alors que, par comparaison, les autres formes de vie spirituelle évoquent un amour raisonnable, si ce n’est un amour platonique.
Le mystique a des certitudes là où d’autres ont des croyances, il est
enthousiaste, il vibre, il rayonne, il étonne mais il entraîne. Sa prière n’est pas formelle, c’est un cri, un chant, un poème, parfois une danse. Son inspiration est sans limite, sans contrainte, à la dimension de Dieu. Il ignore les arguties et les ergotages des théologiens froids, il saute l’obstacle et embrasse tout dans une vision fulgurante du divin.
Chaque époque de l’Histoire et chaque religion a ses mystiques. Même volontairement enfermés dans un couvent, ils ne passent pas inaperçus. Des foules viennent les consulter et chacun ressent leur rayonnement, le court-circuit qu’ils établissent avec Dieu.
Quoique le mysticisme soit, par nature, éminemment personnel, il marque profondément chaque religion, car il en est le sommet et le paroxysme. Il dépasse d’une telle hauteur la pratique étriquée de la plupart des fidèles que les conventions et les structures lui importent peu. C’est pourquoi le contraste est souvent si frappant entre la vie spirituelle personnelle des grands mystiques et la vie religieuse affadie de ceux pour qui Dieu n’est qu’une hypothèse ou une assurance pour l’au-delà.
Pourtant, les mystiques ne sont pas coupés de la religion qui les a engendrés, bien au contraire, ils en sont le moteur spirituel.
Il ne faut jamais perdre de vue, quand on observe les religions de l’extérieur, ce qui sous-tend leurs manifestations publiques ou ce qui motive leurs positions dans la vie sociale. On ne peut juger une religion que sur ses saints.

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