Le bouddhisme : Le Sri-Lanka (Ceylan)

Le bouddhisme au Sri Lanka, l’ancienne Ceylan, est la religion de la majorité de la population, principalement cinghalaise, qui suit la tradition du Theravāda, l’« enseignement des Anciens ». L’île occupe une place majeure dans l’histoire de cette école : c’est là que le canon bouddhique en langue pali aurait été mis par écrit pour la première fois, et de là que le Theravāda s’est diffusé vers l’Asie du Sud-Est.
L’arrivée du bouddhisme
Selon les chroniques cinghalaises, notamment le Mahāvaṃsa, le bouddhisme est introduit dans l’île au IIIe siècle avant notre ère par le moine Mahinda, présenté comme le fils de l’empereur indien Ashoka. Le roi Devanampiya Tissa se serait converti et aurait fondé le grand monastère, le Mahāvihāra, à Anurādhapura, alors capitale. La tradition rapporte aussi que la nonne Sanghamittā, sœur de Mahinda, apporta une bouture de l’arbre sous lequel le Bouddha atteignit l’Éveil ; l’arbre vénéré à Anurādhapura, le Sri Maha Bodhi, passe pour en être issu.
Un foyer du Theravāda
Les chroniques situent au Ier siècle avant notre ère la mise par écrit des textes pali, jusque-là transmis oralement. Plus tard, le commentateur Buddhaghosa, venu d’Inde, rédige à Anurādhapura le Visuddhimagga, ouvrage de référence du Theravāda. Au fil des siècles, des lignées d’ordination ont circulé dans les deux sens entre Sri Lanka et l’Asie du Sud-Est : au XVIIIe siècle, l’ordination fut ainsi rétablie dans l’île avec l’aide de moines venus du royaume de Siam. Les principaux ordres monastiques actuels, les nikāyas Siam, Amarapura et Rāmañña, portent la trace de ces échanges.
Lieux et fêtes
- Le temple de la Dent (Sri Dalada Maligawa), à Kandy, abrite une relique de dent attribuée au Bouddha ; elle est au cœur de la grande procession annuelle de l’Esala Perahera.
- Anurādhapura et Polonnaruwa, anciennes capitales, conservent de grands stūpas (dagobas) et monastères, inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.
- Le Vesak, à la pleine lune de mai, célèbre la naissance, l’Éveil et la mort du Bouddha ; chaque pleine lune (poya) est un jour férié.
Renouveau moderne et place dans l’État
Pendant la période coloniale, le bouddhisme connaît au XIXe siècle un mouvement de renouveau, avec la création d’écoles bouddhiques et l’action de figures comme Anagārika Dharmapāla. Il accompagne l’affirmation nationale qui mène à l’indépendance en 1948 ; le pays prend le nom de Sri Lanka en 1972. La Constitution de 1978 accorde au bouddhisme la « première place » tout en garantissant les droits des autres religions.
Une société pluriconfessionnelle
Selon le recensement de 2012, environ 70 % des habitants sont bouddhistes. L’île compte aussi des hindous, en majorité tamouls, des musulmans et des chrétiens. Les tensions entre une partie de la majorité cinghalaise et la minorité tamoule ont débouché sur une guerre civile, de 1983 à 2009, opposant l’État aux séparatistes des Tigres de libération de l’Îlam tamoul. Le rôle politique de certains moines nationalistes reste un sujet débattu dans le pays et à l’étranger.



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