La Réforme et la naissance du protestantisme

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L Eglise catholique de la Renaissance, au début du XVI  siècle, souffrait une  multiples maux qu’engendre une situation de monopole. Être prêtre était souvent plus une situation sociale que le résultat d’une vocation ; le e achement des mœurs d’une partie du clergé et la compromission de certains évêques avec le pouvoir politique devenaient insupportables à dut chrétien épris de vertus évangéliques. Le culte de soi disant reliques saints devenait une véritable superstition animiste ; le trafic de privilège religieux, en ce monde ou en l’autre, était la source de juteuses maisons financières. Une réforme pour plus de rigueur et de pureté devenait indispensable.
Cette réforme devait naturellement porter sur la pratique de la religion déformée par les abus, mais ne semblait pas devoir toucher ses principes’ Certains réformateurs cependant radicalisèrent leur positon : pour couper court à tout excès d’influence de l’Eglise sur les fidèles, ils insistèrent notamment sur un retour à l’Ecriture sainte et sur le fait que le salut de l’homme est entre les mains de Dieu seul.
Ces exigences doctrinales ne s’opposaient nullement aux dogmes de l’Eglise, mais d’autres s’y ajoutèrent qui, dans le souci de revenir aux sources, ne tenaient pas compte de la tradition de l’Eglise, élément fondamental de la foi catholique.
Ainsi, le mouvement de la réforme s’écarta-t-il, pour une part, de la ligne de l’Eglise. Dans l’esprit des réformateurs cependant, leur action voulue et inspirée par Dieu, n’avait aucunement pour but une coupure avec l’Eglise, mais réchauffement des esprits était tel, de part et d’autre, que la crise empira rapidement. Le début de la rupture est symbolisé par un geste de Luther, moine et théologien, à vrai dire bien compréhensible : il affiche en 1517 à la porte d’une église de Wittemberg un manifeste contre le trafic des indulgences1.
En 1521, Rome croit pouvoir étouffer la contestation qui menace ses positions en condamnant Luther. Elle ne réussit qu’à le rejeter et à lui donner ainsi plus de liberté pour mettre en œuvre l’ensemble de ses vues.
Luther n’était pas seul, c’était l’ensemble de l’Eglise qui était en ébullition : beaucoup de ceux qui travaillaient pour une réforme en profondeur restèrent catholiques, d’autres passèrent à une réforme dissidente. Outre Luther (1483-1546), les plus connus de ces derniers sont Calvin (1509-1564) et Zwingli (1484-1531). Autour de ces maîtres se constituèrent très vite des écoles de pensée auxquelles se rallièrent notamment les princes de certains États germaniques. Le problème devint ainsi autant politique que religieux2, ce qui signifie que Rome perdait tout espoir de régler en force le mouvement protestant.
Dès lors, les conditions étaient réunies pour la constitution d’Eglises autonomes, appelées à se développer séparément du catholicisme, mais mues par une certaine communauté de croyances et de principes.

Les croyances du protestantisme

Ouelle que soit la diversité de leurs Eglises et de leurs tendances, les testants sont avant tout chrétiens. Ils ont donc en commun les croyances du protestantismes que nous avons vues précédemment.
Toutes ces croyances sont aussi celles des catholiques et des orthodoxes, divergences notables existent sur d’autres points. Les litiges concernent en particulier la Vierge Marie, les sacrements, la valeur doctrinale des enseignements de l’Eglise et l’autorité de la hiérarchie, spécialement du pape.
D’une façon générale, les protestants n admettent pas ce qui leur parait surajouté à l’Ecriture sainte. Ce point important mérite des explications : selon la conception catholique, l’Eglise prolonge véritablement la présence du Christ sur terre, elle est inspirée par le Saint-Esprit et son enseignement accumulé, appelé Tradition, est le complément irremplaçable de l’Ecriture sainte.
Les protestants, du fait même qu’ils se sont coupés de l’Eglise catholique, sont logiques avec eux-mêmes en en récusant l’enseignement. Ils se réfèrent exclusivement à l’Ecriture sainte et chaque protestant est, en théorie, habilité à interpréter selon sa conscience le message de la Bible 2.
Ce principe conduit à des positions très diverses : à une extrémité, on trouve les « fondamentalistes » qui prennent la Bible à la lettre et à l’autre la tendance « libérale » qui l’interprète de façon symbolique. L’écart entre ces différentes croyances peut donc être considérable et, sur certains points, le catholicisme présente une position qu’on peut qualifier
d’intermédiaire. Toutefois un grand nombre de protestants s’accorde su les points mentionnés plus haut, inacceptables pour les catholiques :
-    Marie, mère de Jésus, a certes une place exceptionnelle mais lui rendre un culte est excessif : seul Dieu en est digne. C’est pourquoi on ne  trouve pas de statues de saints ni de Marie dans les temples protestants Un courant rationaliste important considère le surnaturel avec beaucoup de méfiance : que Jésus soit né d’une vierge ne lui paraît pas indispensable à la foi chrétienne et le terme de vierge est pris dans le sens imprécis de jeune fille.
-    En ce qui concerne les sacrements, seuls sont admis le baptême et l’eucharistie, c’est-à-dire la commémoration du dernier repas de Jésus- Christ. Certaines Eglises admettent aussi, mais avec plus ou moins de réserves, l’absolution des fautes, l’ordination des pasteurs et le mariage A cet égard, les calvinistes ont une position très stricte : ils condamnent les sacrements catholiques alors que les anglicans et les luthériens se contentent de les adapter et de les interpréter différemment.
-    C’est sur la valeur doctrinale des enseignements du catholicisme et l’autorité de la hiérarchie que le désaccord des protestants est le plus net. Le principe même de l’existence des dogmes est contraire à leur conception de l’interprétation personnelle de la Bible. Le dogme de l’infaillibilité pontificale, promulgué en 1870, leur semble le comble en la matière. Même dans les Eglises où existent des évêques et une hiérarchie, le fonctionnement est d’esprit assez démocratique.
Ce qui précède ne donne que les grands axes des croyances protestantes, il faudrait des volumes entiers pour préciser l’infinité de nuances qui apparaissent dans les différentes Eglises. C’est précisément au travers des principales d’entre elles que nous allons chercher à présent à voir comment se sont organisés les divers courants du protestantisme.
Évolution et variantes du protestantisme
Dès l’origine, le mouvement de la réforme n’était pas unitaire. Quelques grandes tendances apparaissent très tôt dans l’Histoire :
-    le mouvement anabaptiste ;
-    l’anglicanisme ;
-    le luthéranisme ;
-    le calvinisme.
Les développements ultérieurs du protestantisme ont tous une filiation plus ou moins marquée avec une ou plusieurs de ces tendances.

les  anabatismes

Ils vivent un christianisme beaucoup plus sensible qu’intellectuel. Ce rêve  de sensibilité est bien antérieur à la réforme. On peut y rattacher les mouvements « millénaristes » : certains chrétiens s’étaient persuadés  la date fatidique de l’an mille marquerait la fin du monde et le retour du Christ sur terre pour le Jugement dernier ; ils semaient la panique d’un enfer proche en se livrant à des pénitences extrêmes.
En 1521, au début de la réforme, un mouvement paysan surgit qui préconisait un deuxième baptême 1 pour préparer le retour imminent du Christ. Après s’être livré à la destruction de tout ce qui était catholique, ce mouvement qui gênait beaucoup fut écrasé dans le sang. Ce qui en resta vira au pacifisme et à la non-violence tout en restant d’esprit assez anarchique aussi bien à l’égard des organisations religieuses que politiques.
Les seuls véritables anabaptistes qui subsistent de nos jours sont les amishes, petite communauté anachronique des Etats-Unis.
On y rattache généralement aussi les mennonites2, dont l’Eglise, originaire d’Europe centrale, a été fortement persécutée au cours des siècles. Très industrieux, ils vivent dans des communautés très dispersées. On en compte près de 400 000 aux Etats-Unis et plus de 100 000 en Russie. Leur pratique religieuse est, aujourd’hui, proche de celle des baptistes et des quakers que nous aborderons plus loin. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les importantes Eglises baptistes ne proviennent pas directement de l’anabaptisme.
Elles sont issues, pour l’essentiel, du mouvement puritain, forme anglaise du calvinisme. Toutefois, baptistes et anabaptistes s’accordent pour reconnaître que le seul baptême valable est celui des adultes.

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